03 novembre 2005
jeune chambre internationale
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Par Morad Ouasti Samedi 15 octobre, la Jeune Chambre Internationale/Afrique à Paris (JCI/AP) se mobilise contre l’hydrocéphalie au Sénégal. Pour ce faire, elle organise une rencontre festive le 15 octobre parrainées par le mannequin et styliste Imane Ayissi, et la première égérie africaine, Esther Kamatari. L’ambassadeur du Sénégal à Paris, M. Doudou Salla Diop, sera également présent. La manifestation se tiendra à l’Espace Agora à Alfortville, en région parisienne, et sera partagée en quatre pans. Tout d’abord, la présentation d’une exposition d’œuvres d’artistes français et africains dont Ernest Düku et Issa Nyaphaga. Les deux peintres ont décidé d’offrir généreusement un de leur tableau pour qu’il soit mis aux enchères. Ensuite, un débat prendra effet autour de la question : « En tant qu’artiste africain peut-on vivre de ses œuvres ? » Après cela, une vente aux enchères aura lieu, dont les fonds seront directement reversés à la lutte contre l’hydrocéphalie. A la suite d’un dîner de gala, en début de soirée, Imane Ayissi sera le président du jury du concours de mode. Six stylistes présenteront leur collection et quatre d’entre eux concourront pour remporter un billet d’avion dont la destination sera révélée au dernier moment. La journée se terminera par une soirée dansante de minuit à l’aube, intitulée « Nuit blanche pour Nuit black ». L’hydrocéphalie touche les enfants « Tout a commencé avec Serge Dossou, ex-président de la JCI/AP. Il s’est rendu en 2004 dans un centre de lutte contre hydrocéphalie et a immédiatement pensé que la JCI se devait d’agir. Dès que je lui est succédé, j’ai décidé que cela ferait parti du plan d’action 2005 et qu’il faudrait étendre l’action à toute l’Afrique sur le long terme », nous dit Samson Koukpaki L’ambassadeur du Sénégal, enthousiasmé par cet événement, sera d’ailleurs présent. Quant à Imane Ayissi et Esther Kamatari, ils ont été très touchés par les enfants atteints du fléau. L’hydrocéphalie est une maladie frappant les enfants en Afrique, faisant 600 000 morts par an. C’est une accumulation anormale du liquide céphalo-rachidien sous la boîte crânienne. Les symptômes de cette maladie sont des enfants souffrant dans leur cerveau, pouvant devenir aveugles, perturbés dans leurs fonctions motrices et très souvent ne pouvant plus tenir leur tête. Trois causes peuvent engendrer la maladie : les mariages consanguins, les méningites et le déficit en acide folique chez la femme en période péri-conceptionnelle. La Jeune Chambre Internationale est une organisation qui a vu le jour en 1944 aux Etats-Unis. Elle a pour vocation d’aider les jeunes à développer leur leadership. Aujourd’hui, elle est présente dans 123 pays et représente un réseau regroupant 200 000 personnes. De nombreux chefs d’Etat et hommes politiques influents sont passés par La Jeune Chambre Internationale. | ||||||
Ramadan, jeûner ou fêter?
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Par Morad Ouasti Que brûlent les péchés ! Le mot ramadan étymologiquement signifie « brûler », parce que ce mois est l’occasion pour les musulmans de se faire pardonner leurs péchés commis. Pilier de l’islam, les musulmans se privent de manger, boire et d’activités sexuelles du lever au coucher du soleil. C’est une période de recueillement, de compassion envers les personnes les plus pauvres. L’asthénie et la faim éprouvées durant la journée sont compensées par la nutrition de l’âme faite par le truchement d’actes d’adoration (prières et invocations). Les excès sont donc à mettre de côté. Paradoxalement le ramadan est l’occasion pour beaucoup d’une prise de poids notoire, d’une augmentation des heures de sommeil et de la multiplication de festivités nocturnes. Pour certains l’esprit du ramadan est présent dans l’introspection et le recueillement. Heureux sont les jeûneurs à l’annonce du début de la période de miséricorde. Ils peuvent maintenant purifier leurs corps mais surtout leurs âmes heurtées par les futilités de ce bas monde. Solidarité avec les plus démunis, prières nocturnes en groupe, discours religieux sur la visée de la sainte période. Pas d’écarts durant un mois, restriction de la consommation et de tous les délices, conformément à l’esprit du ramadan, parfois même de la part des moins pratiquants. C’est un mois où les « hassanates » (récompenses) sont gracieusement multipliées, les gens concourent dans l’accomplissement de bonnes œuvres le plus souvent en portant assistance aux nécessiteux. A l’heure où certains prient la nuit d’autres se retrouvent ailleurs le soir comme pour relâcher une certaine pression. On ne jeûne plus le ramadan on le fête Aujourd’hui, surtout dans les médias, on ne jeûne plus le mois du ramadan mais on le « fête ». Il y a là un glissement de la dimension spirituelle du ramadan à une dimension plus festive, plus médiatique. Avant le début de la période obligatoire de jeûne, les familles font leurs courses dans les différents marchés à la recherche des ingrédients utiles à la préparation des plats du pays, bien gras en général. Certaines familles comme au Maroc, par exemple, ont même recours au crédit à la consommation auprès de leur banque. Dans les pays musulmans les emplois du temps sont aménagés en fonction de l’évènement. Des programmes animant les « Nuits du ramadan » sont établis aussi bien en France qu’au Maghreb. C’est l’instant des sitcoms, pièces de théâtre, des émissions télés humoristiques et culinaires. Le ramadan est parfois observé à contre cœur, juste pour faire comme tout le monde, comme en témoigne certaines expressions répétées durant la journée, « On tue le temps », « On passe le temps », « A quelle heure est-ce qu’on mange ce soir ? ». Il est aussi suivi par habitude, par tradition. Le soir on sort, on « décompresse ». Réunion autour d’un narguilé dans les cafés-chichas qui parfois ferment exceptionnellement beaucoup plus tard qu’à la normale. Les restaurants « hallal » accroissent leur chiffre d’affaires en raison de la grande affluence de clients venus rompre leur jeûne. Au Maghreb, une partie des jeunes profitent de l’occasion pour sortir s’amuser toute la nuit. Il est possible de mettre en exergue un glissement opéré entre l’esprit originel du ramadan et la manière dont il est vécu aujourd’hui par un grand nombre de musulmans. Il y a plusieurs façons de répondre au jeûne obligatoire, soit en recherchant le gain spirituel, soit en se limitant à l’abstinence des repas et rapports sexuelles en pleine journée. Finalement chacun le vit à sa façon, pourvue que le mois sacré ne soit pas transgressé. Une dichotomie est toutefois à distinguer, celle entre religion musulmane et culture musulmane. L’appréhension du ramadan dans son aspect spirituelle s’oppose sous un certain angle à l’approche uniquement culturelle. Ceci le ramadan est fini depuis ce mercredi soir, alors bonne "Aïd mabrouk" à tous... | |||||||||||||||||||||||
ballon d'or
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Par Morad Ouasti Trois Africains en lice pour le Ballon d’or européen 2005. Ils sont 50 prétendants à la plus haute distinction footballistique individuelle mondiale. Parmi eux les 3 étoiles du football continental : l’Ivoirien Didier Drogba, le Camerounais Samuel Eto’o et le Ghanéen Michael Essien. Ils tenteront de succéder à Andreï Chevtchenko : Ballon d’or 2004. Jusqu’ici le seul Africain lauréat reste George Weah, consacré en 1995. C’est à partir de la liste de 50 sélectionnés, fruit d’un vote réalisé au sein de la rédaction de France football, que le jury européen du magazine (une voix pour chacun des 52 pays membres de l’UEFA) fera son choix final et désignera le 50e lauréat, de la 50e édition, le 28 novembre prochain. Samuel Eto’o, l’un des 16 attaquants de la liste, est peut-être le joueur ayant le plus de cartes en main parmi nos trois stars. Ballon d’or africain 2003 et 2004, il est toutefois confronté à son coéquipier du FC Barcelone (Espagne), le Brésilien Ronaldinho, meilleur joueur Fifa 2005. Didier Drogba, qui a qualifié l’équipe de Côte d’Ivoire pour le Mondial 2006, est champion d’Angleterre 2005 et vainqueur de la Coupe de la Ligue anglaise avec Chelsea FC, la même année. Une blessure lors du dernier championnat l’a cependant fortement diminué et handicapé ses performances. Il entre en compétition avec 6 de ses coéquipiers, dont Michael Essien et la star anglaise Frank Lampard. Michael Essien, champion de France 2005 avec Lyon, meilleur joueur de ligue 1 la même saison et plus gros transfert africain de l’histoire fait partit des 23 milieux de terrain sélectionnés. Mais Essien, non titulaire en Angleterre, n’a pas encore pris ses marques au sein de son nouveau club, et on attend toujours qu’il puisse exprimer tout son potentiel outre Manche. 1995 : l’année Weah Le seul joueur africain récompensé pour ses performances, il y a déjà 10 ans, demeure le Libérien Georges Weah, il évoluait alors sous le maillot du Milan AC (Italie). Mister George sera la même année, Ballon d’or africain, Meilleur buteur de la Ligue des Champions (Paris Saint-Germain), Vainqueur de la coupe de France, Vainqueur de la coupe de la ligue (France). Rappelons que depuis 1995, le Ballon d’Or France Football récompense le meilleur joueur évoluant dans un championnat européen sans distinction de nationalité. Quatre critères principaux entrent en considération : l’ensemble des performances individuelles et collectives (palmarès) pendant l’année considérée, le talent et le fair-play du joueur, sa carrière et sa personnalité. Si les trois icônes du football africain ont de sérieux atouts, ils font cependant office de challengers à côté des grands favoris 2005. « Le favori cette année est Ronaldinho », estime le triple Ballon d’or Michel Platini (1983, 1984, 1985). De son côté Andreï Chevtchenko, lauréat 2004, avoue que si Milan avait remporté la Ligue des champions, Paolo Maldini, serait sans l’ombre d’un doute le favori. Les autres gros clients sont Lampard (Chelsea), Gerard (Liverpool) et Thierry Henry (Arsenal). La compétition est très ouverte, alors attendons l’épilogue le 28 novembre prochain. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
le port d'abidjan prend l'eau
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Par Morad Ouasti Le Port autonome d’Abidjan (PAA) traverse une grave crise. Alimentée par l’instabilité du pays en dégénérescence depuis septembre 2002 et une concurrence véhémente des ports de la sous-région, la situation s’aggrave pour enregistrer une chute de 14,5%. Le PAA enregistre, ces derniers mois, des résultats médiocres. En août 2005, le trafic des navires était de 1 928 contre 2 256 arrivées, à la même époque l’année dernière. Pour le directeur des affaires générales maritimes et portuaires, au ministère ivoirien des Transports, Jean Christophe Tibé, le mot « crise » est pourtant excessif. « La baisse n’est que de 16% ! Une baisse de 50% justifierait le mot ‘crise‘ », affirme-t-il. Ce dernier, ajoute que : « de toute manière, le déficit de 16% est grandement compensé par une augmentation de 40% des rentes pétrolières ». En 2003 et 2004 le trafic des navires avaient déjà subi un recul, respectivement, de 5,5% et de 5%. Diminution des activités économiques nationales, risque pays élevé, augmentation du fret et de l’assurance, transfert des activités de transbordement vers d’autres ports de la sous-région, diminution de la fréquence des escales des armateurs ou suppression des escales directes pour d’autres, les affres dont souffrent les installations portuaires abidjanais sont nombreux. Le trafic national a lui aussi connu des difficultés. De 2002 à 2004 le pays a enregistré des baisses successives de 13,4%, 4,2% et 3,9%, après avoir connu une hausse de 22,5%, en 2001. Fin août 2005 la baisse était de 10,6%. Le trafic des conteneurs a été très durement touché. Les conteneurs de transbordement ont été frappés d’une chute de 38,5% contre 22% pour le total du trafic. Le Port autonome d’Abidjan était jadis le véritable poumon économique d’Afrique de l’Ouest. Lieu de transit de 90% des échanges du pays et de la majeure partie des échanges de pays tels que le Mali ou le Burkina Faso. La crise de novembre 2002, est le point de départ de cette impasse économique. Les heurts ont provoqué le départ des personnes ayant un fort pouvoir d’achat, 8 000 Européens dont une majorité de Français. Plusieurs PME/PMI ont fermés, une recrudescence de l’insécurité et la délocalisation de certains services portuaires. A cela s’ajoute une concurrence aigue des ports ghanéens, togolais ou sénégalais. Ils sont devenus un itinéraire alternatif à la Côte d’Ivoire en matière de commerce extérieure. « C’est à cause du manque de confiance en l’autorité gouvernementale et l’arrière-pays, à l’instabilité notoire du pays, mais aussi pour des causes de carences de fluidité du mouvement routier, des transporteurs sont quotidiennement assujettis aux chekpoints et au rançonnage », explique Jean Christophe Tibé, qui se dit toutefois « serein » quant à l’avenir du PAA. Bien que la décision du report de l’élection présidentielle sine die, prévue originellement le 30 octobre, ait nourri une nouvelle tension politique en Côte d’Ivoire. Les investisseurs ont préféré attendre pour avoir plus de garanties, même si de grosses entreprises, comme Bouygues, viennent de renouveler leurs engagements en Côte-d’Ivoire. | |||||||||||||||||||||||||||||
Clavel Kayitaré
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Par Morad Ouasti « C’est mon histoire, ces gens souffrent et j’ai souffert » Tels sont les paroles de Clavel Kayitare, lorsqu’il évoque avec plein de compassion, les images atroces des immigrants clandestins, refoulés du Maroc ces derniers jours. Clavel, né au Rwanda, à Kayonza, a aujourd’hui 20 ans. Médaillé d’argent aux jeux paralympiques d’Athènes en septembre 2004, le coureur se sert de son passé pour garder la tête sur les épaules et continuer d’avancer. « La vie est faite de bonnes et de mauvaises choses, je garde les bonnes et je ne m’attarde pas sur les mauvaises », dit-il avec beaucoup d’assurance. C’est en 1994, lors du génocide rwandais, que Clavel, 8 ans, perd tous les membres de sa famille, à l’exception d’un frère qu’il n’a jamais connu. La gorge serrée, presque les larmes aux yeux, il confie : « J’aimerais me rendre au Rwanda pour aller le voir et me ressourcer en Afrique, mais je ne peux pas pour des raisons financières. De plus, quand je m’y rendrai, j’aurai besoin d’emmener une personne proche de moi, ça double les frais ». Recueilli par Médecins du Monde, dans un état critique, Clavel a été victime des affrontements terribles du Rwanda. Il relate froidement : « nous étions réfugiés dans une église, une explosion provoquée par une grenade a fait des blessés parmi nous, j’ai été touché ». Les cartilages de son genou seront détruits, ce dernier sera plié à 40°, la rotule quant à elle sera entièrement bloquée. Il subit différentes interventions médicales, visant à lui rallonger sa jambe. Une vingtaine d’opérations sur 4 ans, chaise roulante et béquilles l’assisteront pendant un temps. Aujourd’hui, il porte un fixateur qui lui rallonge sa jambe de 21 centimètres. Avec beaucoup de maturité il dit : « je ne me considère pas du tout comme une personne handicapée, je suis libre de mes mouvements, je suis entre le handicap et la validité ». Autant français que rwandais Après son opération, alors qu’il ne sait pas encore qu’il a perdu sa famille, Clavel Kayitaré, sur l’avis des médecins, décide de rester en France pour toujours. Les moyens en Afrique, étant très circonscrits, ne peuvent lui offrir l’assistance médicale qui lui est nécessaire, kinésithérapie, rééducation, etc... « J’ai tout de suite pris la décision de rester ici, c’est une chance de vivre en France. Mais beaucoup de gens ici ne l’ont pas compris et passent leur temps à se plaindre concernant des futilités, vivre en France, est un privilège qui n’est pas accordé à tout le monde », dit-il d’un air dépité. Du Rwanda, il lui reste des images, des souvenirs, des émotions et un frère qu’il n’a pas encore vu. En France, Clavel s’est trouvé une famille d’accueil qui est aujourd’hui sa « famille », dit-il. Même si au début, la communication se faisait par le truchement de signes et de desseins, car Clavel ne parlait que le kiniarwandais, aujourd’hui il se sent complètement intégré et autant français que rwandais. « Mon identité culturelle est fondée sur le pays où je suis né, le Rwanda, et celui où je suis heureux de vivre et qui m’a aidé à m’en sortir, la France », affirme-t-il fièrement en souriant. Depuis son plus jeune âge, Clavel a toujours été un passionné de sport. Il joue d’abord au foot, il finira même meilleur buteur de la coupe de France du championnat handisport, en 2000. Il aimerait continuer le sport à l’école. Mais dans un établissement normal, les professeurs de sport ne pourraient pas s’occuper de lui convenablement. C’est alors que, loin de s’imaginer un jour courir sur les plus grands stades du monde, on lui parle du Lycée Toulouse-Lautrec de Vaucresson. Il y a, dit-on, des élèves valides et handicapés. Une aubaine pour lui. La structure de l’établissement est en adéquation avec ses besoins. Ascenssion sportive fulgurante Son arrivée au lycée de Toulouse-Lautrec de Vaucresson (92), marquera le point de départ de sa course à la conquête des podiums. « Dans ce lycée, il n’y a pas de différence entre les élèves, tout le monde fait du sport ensemble, handicapés et valides », explique-t-il. Une rencontre va alors bouleverser son destin. L’enseignant Jean-Louis Meegens. Il repère rapidement les prédispositions du futur champion à la course. Il le suivra sportivement et s’attachera à lui. En 2000, le futur champion est invité en tant que spectateur, aux jeux paralympiques. Dès qu’il voit que des handi-athlètes concourent, grâce à des prothèses et du matériel adapté, Clavel s’enthousiasme, et veut essayer lui aussi. « Au début c’était juste un loisir, je n’ai jamais pensé monter sur un podium ou participer à des internationaux au niveau professionnel ». La première compétition à laquelle participe Clavel est le championnat de France espoir en salle, en 2001, sur 60m. « Tous les autres étaient équipés de chaussures avec des pointes, j’étais le seul en jogging-basket », dit-il en riant. A la surprise de tous, y compris de lui même, il remporte la course et finit en tête du podium. Tout s’enchaînera très naturellement par la suite. En 2002, il est sélectionné en équipe de France, pour les championnats du monde, cette fois-ci avec l’équipement ad hoc. Il finira à la 4e place sur 200m et à la seconde place sur 100m. On a l’impression qu’il vient juste de remporter sa course, quand il avoue, les yeux grands ouverts avec un sourire jusqu’aux oreilles. « Je n’y croyais pas : finir derrière le champion olympique et champion du monde ! », un Canadien qui sera contrôlé, en 2004, positif au contrôle anti-dopage. Puis il devient champion d’Europe en 2003, vice champion olympique en 2004 sur 100m et 200m. Clavel accumule les victoires, améliore les performances, il va plus vite, plus loin, plus haut. Cette année en Finlande il a de nouveaux brillé en remportant une médaille d’argent sur le 100m et 200m, ainsi qu’une médaille d’or au relais 4x100m. "C’est une manière de raconter mon histoire" Sa motivation et ses ambitions ne s’étiolent point. « Pour moi, ces palmes sont une reconnaissance de mon travail, aujourd’hui plus qu’avant j’ai envie de continuer la compétition, je suis surtout intéressé par les internationaux », nous confie-t-il. Sa motivation et son engouement pour le sport et la compétition sont nourrit par son soucis de transmettre son message. Celui de la paix, celui de la volonté. « C’est une manière de raconter mon histoire à ma façon. Je pense que l’on peut arriver à tout, si on s’en donne les moyens », soutient-il avec certitude. Parallèlement à ses activités sportives, Clavel est sollicité par nombre d’associations et d’établissements scolaires, pour partager ses expériences vécues avec les jeunes générations. Ses interventions régulières lui permettent à chaque fois de transmettre son message d’espoir. Il est, pour beaucoup, un exemple de volonté et de réussite, les gens l’écoutent. Aujourd’hui il avoue qu’il lui est difficile, par moment, de concilier le sport (8h par semaine), les interventions, les filles qu’ils passent son temps à draguer, « elles me prennent du temps », dit-il non sans outrecuidance et ses études de photographie au lycée Jules Marey de Boulogne(92). Son rêve est de devenir caméraman reporter. Il aimerait plus tard parcourir l’Afrique, pour montrer la réalité du continent. « Souvent, on nous montre des images d’Africains en armes, des images de guerre, véhiculant l’image d’un continent violent. Moi j’aimerais tout simplement montrer le quotidien difficile de la classe populaire africaine, je pense qu’ainsi les gens comprendront pourquoi les Africains décident de quitter leurs pays d’origine, pour l’Europe ». | ||||||||||||||||||||||||||||
carrefour de la diversité
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Par Morad Ouasti « A vos diplômes, prêts, partez ! » Le club Africagora organise ce vendredi la 3ème édition du « Carrefour de la diversité », au CNIT de la Défense à Paris. De nombreux représentants de directions de ressources humaines (DRH) et recruteurs viendront à la rencontre de jeunes diplômés, issues des minorités ethniques (noirs, arabo-berbères, asiatiques...) et des classes sociales les plus défavorisées (toutes ethnies confondues). Le but étant de promouvoir les talents et la diversité culturelle. « Nous attendons 250 participants », confie Dogad Dogoui, président d’Africagora. Patrick de Carolis, PDG de France Télévisions et Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances, seront les invités d’honneur de cet événement. « Les deux premières éditions ont été un succès. De nombreux jeunes diplômés ont obtenu un deuxième entretien avec les entreprises associées et certains d’entre eux ont décroché un emploi. Peugeot PSA est notre partenaire le plus engagé », affirme Dogad Dogoui. Chaque diplômé, sélectionné au sein de l’annuaire des talents et compétences sur le site Internet du club, bénéficiera d’un entretien de 30 à 60mn avec un recruteur. Toutes les formations sont les bienvenues (Informatique, finance, commercial, etc...). Les participants non retenus par les entreprises pourront toutefois défendre sur place leur candidature auprès de celles-ci. Des entreprises, en particulier celles qui s’associent à Africagora pour la 1ère fois (Alcatel, France Telecom...), seront à la disposition de tous et facilement accessibles. Vous n’êtes pas inscrit au « Carrefour de la diversité » ? Il est toujours temps d’envoyer votre C.V, à Africagora pour figurer dans leur fichier de profils. La journée reste en accès libre et gratuit. Seule condition : s’inscrire en téléphonant au 01 53 04 22 85. De nombreuses grandes entreprises seront présentes Africagora jouira de la présence du patronat français avec le présence du Medef (Mouvement des Entreprises de France) Nord-Francilien mais aussi de l’ACFCI (Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie), du GARF (formation), d’Eau de Paris, de CS, Trace TV, SOS Racisme, AFIP, d’APC Recrutement, du partenariat de PSA Peugeot Citroën, d’Adia, du FASILD (Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations) de l’ANDCP (association nationale de 4 000 DRH et responsables du recrutement et des relations sociales), du Groupe France Télévisions et de Hobsons France. « Certaines entreprises ayant signés la Charte de la diversité [**] ont refusés notre invitation, elles pensent que la signature d’une charte suffit. D’autres viennent pour communiquer un certains nombre d’informations. Enfin des entreprises, telles que Peugeot, viennent avec des postes à pourvoir », explique Mr Dogoui. Le Club Africagora, présidé par Dogad Dogoui, est une association d’entrepreneurs et cadres engagés dans la promotion sociale et l’intégration économique et professionnelle des minorités ethniques, depuis 1999. « C’est l’énergie, la volonté et l’envie de faire changer les choses qui me poussent à agir (...) Il y a un constat de fait ( par rapport à la discrimination, ndlr), on peut soit se contenter d’en parler, soit décider d’agir. Moi j’ai préféré passer à l’action », explique le président d’Africagora. Depuis 2004, Africagora s’efforce d’identifié, de coacher et de parrainer les futurs cadres. « Sur les 3 ans à venir nous espérons prendre en charge, 2 000 jeunes diplômés », poursuit-il. La journée de vendredi débutera à 10h15 par une conférence plénière, autour du thème, « La charte, un an après ». Patrick de Carolis, s’exprimera à 11h30. Suivra une table ronde où les intervenants tenteront de répondre à la question : « Faut-il recenser les minorités ? (pour assurer la diversité au sein des entreprises) ». Azouz Begag, clôturera les débats en début d’après-midi. Le reste de la journée sera consacré à des ateliers thématiques pour les diplômés, les cadres, les dirigeants d’entreprises et d’institutions, ainsi qu’aux entretiens d’embauche et aux échanges entre DRH et diplômés.
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tv et ramadan
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« Carrefours de la diversité », pour promouvoir les diplômés des minorités 


