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29 décembre 2005

2 skieurs marocains à Turin 2006

Deux skieurs marocains aux Jeux Olympiques de Turin 2006
Le Maroc s’est qualifié aux 20èmes Jeux Olympiques d’hiver

jeudi 29 décembre 2005

Deux skieurs marocains, Sarah Ben Mansour et Samir Azzimani, se sont qualifiés pour les Jeux Olympiques de Turin (Italie) de 2006. Si le Maroc n’en est pas à sa première participation aux débats mondiaux, tous les protagonistes de cette présente réussite ne cachent pas leur joie.

Par Morad Ouasti

L’Atlas glissera sur les Alpes. Sarah Ben Mansour, 18 ans, et Samir Azzimani, 25 ans, sont les deux skieurs alpins qui représenteront le Maroc aux Jeux Olympiques de Turin en 2006 (Italie, 10 au 26 février). Le Président de la Fédération royale marocaine de ski et de montagne (FRMSM), Mustafa Naït Lho, s’enthousiasme : « Ce n’est pas la première fois que nous participons à une compétition internationale de très haut niveau, nous étions déjà présents en 1968 aux J.O de Grenoble (France), à Sarajevo (Bosnie-Herzegovine) en 1984, à Cagliari (Italie) en 1988 et Albertville (France) en 1992 ».

Une fierté pour le Maroc

« C’est un honneur pour moi que de représenter le Maroc », confie avec émotion Sarah Ben Mansour. « C’est lorsque j’ai rencontré mon manager à Anvers (Belgique), Derek Giroulle, que j’ai appris la nouvelle. Mais je dois avouer que sur le moment je n’arrivais pas à y croire. Quand j’ai commencé à skier je ne me suis jamais dit que j’allais un jour participer aux Jeux Olympiques », ajoute l’attachante slalomeuse d’une voix pleine de joie. Sarah Ben Mansour a commencé à skier très tôt. Tout d’abord avec sa famille dans les Alpes. Puis elle s’est ensuite inscrite au « Ski club Casablanca » à Anvers (Belgique), qui est l’antenne européenne de la FRMSM. L’ascension dans le monde de la glisse de la Marocaine s’est fait naturellement par la suite. « J’ai participé à pas mal de courses belges au début et après à Tignes (France) dans les Alpes. J’ai marqué 101 points, pour se qualifier il faut être en dessous de la barre des 140 points FIS [*] », souligne-t-elle. Sarah Ben Mansour termine 10ème aux Mondiaux juniors de Slovénie à Maribor en 2004. C’était son premier grand meeting.

Le slalomeur Samir Azzimani est, quant à lui, issu d’une famille modeste de six enfants de la banlieue parisienne. Il a deux championnats du monde de ski à son actif. Au mondiaux de 2001 en Autriche, il termine 46ème sur 103 participants du slalom géant. Il participe au Championnat du monde 2003 de Saint-Moritz en Suisse à l’issue duquel il se placera 77ème sur 127 participants. Il confie qu’il réalise aujourd’hui « un rêve de gosse ». Il espère, avec Sarah Ben Mansour, représenter au mieux le royaume chérifien. Derek Giroulle attend pour sa part que les deux slalomeurs du Géant, dont il est le manager, puissent terminer leurs courses sans embûche et exploiter au maximum leur énorme potentiel.

1 200 licenciés au Maroc

Pour Mustafa Nait Lho, la qualification marocaine symbolise un retour contre le système discriminatoire des points FIS, mis en place au lendemain des Jeux d’Albertville (France) en 1992. « Certains skieurs tombaient et se relevaient plusieurs fois lors d’une descente et n’abandonnaient pas pour autant. Il a donc été décidé d’établir un nouveau calcul de points, qualificatif. Ce nouveau système ne favorise que les élites parmi les skieurs ». Derek Giroulle déclare que « cette qualification est pour nous une grande fierté et représente une victoire contre la modification élitiste du mode de qualification aux Jeux, après les Jeux d’Albertville ».

La FRMSM existe depuis 1956. Le Maroc compte aujourd’hui 16 clubs et 1 200 licenciés/compétiteurs. Le Président de la FRMSM explique que la principale contrainte rencontrée pour les pratiquants est l’irrégularité des neiges au Maroc. Cependant, il nous fait part d’un projet de grande envergure qui verra le jour très prochainement à Oukaïmeden (75km de Marrakech). Des promoteurs se sont d’ores et déjà engagés dans la réalisation d’une station de ski située sur un plateau à 2 600 mètres d’altitude.

[*] Points FIS : Les points FIS sont utilisés pour l’établissement du classement et calculés en fonction des résultats obtenus lors de chaque course internationale organisée par la FIS (Fédération internationale de ski). Plus le skieur est performant, plus son nombre de points sera faible.

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Aux origines de la lèpre

Aux origines de la lèpre
Une maladie antique et existentielle
Dossier La lèpre en Afrique

mardi 27 décembre 2005

Par Morad Ouasti

La fresque chronologique de la lèpre s’étend de l’antiquité à nos jours. Cette maladie très tôt mondialisée a provoqué un rejet social dans toutes les civilisations. Dans une dimension religieuse la lèpre était considérée comme le châtiment divin d’une corruption de l’âme. Aussi les nombreuses passions qu’a suscitées la lèpre dans les esprits et les imaginations méritent de revenir sur son récit historique.

« Sois mort au monde et revis en Dieu ». Tels étaient les paroles du prélat qui venait de jeter trois fois de suite de la terre sur la tête du lépreux dans sa fosse. La lèpre, symbole du châtiment divin pour qui a transgressé l’interdit, est au fil du temps et dans toutes les civilisations, une cause de discrimination sociétale. Appelée aussi maladie de Hansen, du nom du chercheur norvégien qui a mis en évidence la bactérie bacille Mycobacterium leprae responsable de la lèpre chez l’homme, la maladie est connue depuis l’antiquité par les civilisations égyptienne, chinoise et indienne.

Premières traces signalées en Asie

Déjà en 2000 avant Jésus Christ (J.C) la civilisation chinoise signale la maladie infectieuse. Elle l’interprète comme une punition des péchés de l’Homme. Entre 1800 et 1300 avant J.C les Vedas, les plus anciens livres sacrés en sanscrit de l’hindouisme, décrivent avec précision la maladie. Idem pour les écritures cunéiformes assyro-babyloniennes, antérieures au Ier millénaire avant J.C qui évoqueraient la lèpre, tout comme dans des papyrus de l’Egypte ancienne. Hérodote, historien grec du 5ème siècle avant notre ère, affirme que la lèpre sévissait en Perse il y a plus de 2500 ans sous le nom de « pisaga ». Les lépreux étaient mis au ban de la communauté et ne pouvaient communiquer avec les autres Perses. Quant aux lépreux étrangers ils étaient tout bonnement chassés du pays.

Au premier siècle de l’ère chrétienne la maladie infectieuse se propage en Grèce et en Italie. Et de manière plus accentuée au 3ème et 4ème siècle par le truchement de contacts et de brassages humains entre ces pays méditerranéens et le Moyen-Orient. La contagion à partir de l’Italie s’est opérée vers le nord par la conquête des Gaules. Galien, médecin de l’Antiquité, 131 ap. J.C, affirme que la lèpre aurait quitté les foyers méditerranéens vers 180 post-J.C pour s’installer en Espagne, en France et en Germanie.

L’Afrique berceau de la lèpre

L’Egypte aurait joué un rôle majeur dans cette progression vers l’Europe. Car dans l’antiquité le pays des pharaons était pour les pays euro-méditerranéens et l’Afrique subsaharienne le carrefour commercial esclavagiste. Il était par ailleurs une zone d’affrontements entre l’Europe et l’Asie. Les plus importants foyers de lèpre sont situés en Afrique. Willy Hansen et Jean Freney, dans leur livre Des bactéries et des hommes, expliquent que « les foyers de la lèpre les plus denses étant en Afrique, l’hypothèse a effectivement été émise que le berceau de la maladie se trouverait en Afrique et plus précisément au Soudan et en Ethiopie ».

Au Moyen âge la lèpre s’est répandue de façon notoire en Occident. Les expéditions de Charlemagne, l’invasion barbare, les guerres, l’interaction des peuples et des commerces, les pèlerinages vers l’Espagne sont à l’origine de la diffusion de la maladie. Le retour des croisés entre 1095 et 1270 a également largement contribué à l’européanisation de la lèpre.

Condamnation biblique

La lèpre trouve une partie de sa stigmatisation sociale dans la Bible (chapitre 13 du Lévitique [*]). Ce mot, traduit de l’hébreu "Zaraath" désigne une impureté au sens large du terme. Chapitre 13 du Lévitique verset 40 à 46 : « Si un homme perd les cheveux de son crâne, c’est la calvitie du crâne, il est pur. Si c’est sur le devant de la tête qu’il perd ses cheveux, c’est une calvitie du front, il est pur. Mais s’il y a au crâne ou au front un mal blanc-rougeâtre, c’est qu’une lèpre prolifère sur le crâne ou le front de cet homme. Le prêtre l’examinera et, s’il constate au crâne ou au front une tumeur blanc-rougeâtre, de même aspect que la lèpre de la peau, c’est que l’homme est lépreux ; il est impur. Le prêtre devra le déclarer impur, il est atteint de lèpre à la tête. Le lépreux atteint de ce mal portera ses vêtements déchirés et ses cheveux dénoués ; il se couvrira la moustache et il criera : ‘ Impur ! Impur ! ‘ Tant que durera son mal, il sera impur et, étant impur, il demeurera à part : sa demeure sera hors du camp ». Le forclos vivra en paria car il est bannit de la société.

Les Cagots sont un exemple de cette pratique d’exclusion. Ils étaient une communauté ladre vivant en repli dans le Sud Ouest de la France. Le terme « cagot » trouve vraisemblablement ses origines dans le mot béarnais qui veut dire lépreux. Ce phénomène né vers l’an mille s’est estompé au 17ème siècle pour disparaître au 19ème. Alors dénoncé comme un racisme populaire, l’excommunication était à cette époque localement bien ancrée.

Les léproseries

L’empereur Constantin 1er le Grand aurait fondé les premières léproseries autour de Rome au 4ème siècle. Ces lieux composés d’une multitude de cabanes pour lépreux portaient aussi le nom de borde. Au Moyen âge, l’extension de la carte de la lèpre a entraîné une extension des léproseries. Elles étaient placées extra-muros dans des endroits difficiles d’accès près d’un cours d’eau, l’époque considérant les bains comme salutaires, et en aval de la Cité pour que l’air impur l’épargne. Un chanoine ou un prêtre dirigeait la léproserie. La toponymie témoigne de cette époque. Des hameaux, ruisseaux ou lieux-dits s’appellent encore aujourd’hui La Maladière.

En ce temps, seules les professions infamantes sont autorisées à être exercées par les lépreux, équarisseur, fossoyeur, cordier (si les cordes servent aux pendaisons) ou encore charpentier (les planches réalisées par un lépreux doivent servir à la fabrication du cercueil d’un condamné à mort). La comparaison avec les « intouchables » en Inde est pertinente. Les médecins n’auront accès aux léproseries qu’au 14ème siècle. A cette époque la pandémie s’étiole et d’autres maladies infectieuses apparaissent dans les ladreries.

La lèpre représentait la punition de la transgression de l’interdit sexuel. Des mesures ont donc été prises par différents rois de France pour limiter son extension, en particulier Pépin le Bref, son fils aîné Charlemagne et beaucoup plus tard Henri IV. Vœu de chasteté, interdiction du mariage et encadrement par la suite des lépreux.

Le recul de l’endémie au 14ème et sa disparition au 17ème siècle vide les léproseries des vrais lépreux. Les faux lépreux établissent, ici, leur repère de vices et d’orgies. Le mot borde progressivement devient « bordel ». François 1er puis Henri IV prennent des mesures pour juguler les déviances. Beaucoup de ladreries ferment au cours des 15ème et 16ème siècle. A partir de 1789 les quelques lépreux subsistant en France sont accueillis dans les hôpitaux. Bien qu’elle ait disparu des pays du Nord la lèpre persiste encore aujourd’hui notoirement en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Chaque année 700 000 nouveaux cas sont enregistrés dans le monde.

-  Prévalence et détection en 2004 (pays ayant communiqué leurs chiffres), selon le site Internet de la fondation Raoul Follereau

Régions OMS Cas enregistrés (au début de 2005) Cas détectés
Afrique 47 596 46 918
Amériques 36 877 52 662
Est Méditerrannée 5 398 3 392
Asie du Sud-Est 186 182 298 603
Pacifique Ouest 10 010 6 216
Total 286 063 407 791

[*] Le pentateuque est l’ensemble des cinq premiers livres de la Bible : le Livre de la Genèse, le Livre de l’Exode, le Livre du Lévitique, le Livre des Nombres et le Livre du Deutéronome

Posté par morad à 14:33 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

numéro vert au Maroc

Maroc : le premier numéro vert dédié aux femmes battues
0 8000 8888 : un numéro gratuit pour briser la loi du silence

mercredi 28 décembre 2005
Le Maroc a lancé, le 23 décembre dernier, le premier numéro vert dédié aux femmes battues du pays. Le 0 8000 8888 est l’une des dispositions de la stratégie nationale de la lutte contre la violence à l’égard des femmes.

Par Morad Ouasti

Haro sur les violences conjugales au Maroc. Le numéro vert 0 8000 8888, premier consacré aux femmes battues chérifiennes, a été inauguré vendredi dernier par le Premier ministre marocain, Driss Jettou. Fatima Maghnaoui, la directrice du centre d’accueil Annajda à Rabat se félicite de ce nouvel instrument de lutte. « Ce nouvel outil nous aidera dans le combat contre l’omerta », affirme-t-elle. Une loi du silence contre laquelle le gouvernement affiche toute sa détermination. La promotion de la mise en place de ce numéro s’est faite conjointement avec son lancement officiel. « Le message est passé sur les chaînes nationales de télévision RTM et 2M, sur les radios nationales et a été largement diffusé grâce au bouche à oreille, qui représente un mode de communication efficace », explique Mme Maghnaoui. « Depuis le numéro vert, qui est un service unique dans le monde arabe, a fait l’objet d’un reportage télévisé et continue d’attirer l’attention de beaucoup de médias marocains ou étrangers », précise-t-elle.

Déjà près de 500 appels

Six opératrices formées à l’écoute psychologique et aux spécificités des violences familiales se relaient, de 8h30 du matin à minuit, dans les locaux du numéro vert à Rabat. « Le numéro gratuit est totalement financé par le gouvernement marocain, il s’adresse aux femmes et aux filles violentées », explique Mme Maghnaoui. Le numéro est opérationnel à l’échelle nationale. « Le téléphone, facilement accessible aux analphabètes - contrairement à Internet par exemple - et répandu dans tout le Maroc, permettra d’orienter les femmes désorientées vers les organes judiciaires et administratifs compétents », souligne-t-elle.

Fatima Maghnaoui comptait, mardi soir, dans le centre d’accueil Annajda à Rabat, trois femmes qui avaient préalablement composé le 0 8000 8888. « Des femmes appellent, mais aussi des hommes, pour leur sœur », révèle Hanane Nadir, chef de service aux affaires féminines du secrétariat d’Etat chargée de la famille. Les appels durent en moyenne 10 à 15 minutes. « Cette première semaine est une semaine pilote, nous avons depuis la date d’ouverture de la ligne verte jusqu’à ce mercredi matin comptabilisé 230 appels téléphoniques sérieux, mais nous avons aussi reçu 217 appels de plaisantin. C’est un satisfecit, car c’est plus que ce que nous imaginions », poursuit-elle. Hanane Nadir et Fatima Maghnaoui espèrent très rapidement recruter de nouvelles opératrices pour pouvoir fonctionner 24H/24H et 7 jours sur 7. Seule contrainte, le Maroc étant un Etat multilinguistique (arabe, chleuh), les prochaines opératrices devront être en partie berbérophones.

Posté par morad à 14:29 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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