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29 décembre 2005

2 skieurs marocains à Turin 2006

Deux skieurs marocains aux Jeux Olympiques de Turin 2006
Le Maroc s’est qualifié aux 20èmes Jeux Olympiques d’hiver

jeudi 29 décembre 2005

Deux skieurs marocains, Sarah Ben Mansour et Samir Azzimani, se sont qualifiés pour les Jeux Olympiques de Turin (Italie) de 2006. Si le Maroc n’en est pas à sa première participation aux débats mondiaux, tous les protagonistes de cette présente réussite ne cachent pas leur joie.

Par Morad Ouasti

L’Atlas glissera sur les Alpes. Sarah Ben Mansour, 18 ans, et Samir Azzimani, 25 ans, sont les deux skieurs alpins qui représenteront le Maroc aux Jeux Olympiques de Turin en 2006 (Italie, 10 au 26 février). Le Président de la Fédération royale marocaine de ski et de montagne (FRMSM), Mustafa Naït Lho, s’enthousiasme : « Ce n’est pas la première fois que nous participons à une compétition internationale de très haut niveau, nous étions déjà présents en 1968 aux J.O de Grenoble (France), à Sarajevo (Bosnie-Herzegovine) en 1984, à Cagliari (Italie) en 1988 et Albertville (France) en 1992 ».

Une fierté pour le Maroc

« C’est un honneur pour moi que de représenter le Maroc », confie avec émotion Sarah Ben Mansour. « C’est lorsque j’ai rencontré mon manager à Anvers (Belgique), Derek Giroulle, que j’ai appris la nouvelle. Mais je dois avouer que sur le moment je n’arrivais pas à y croire. Quand j’ai commencé à skier je ne me suis jamais dit que j’allais un jour participer aux Jeux Olympiques », ajoute l’attachante slalomeuse d’une voix pleine de joie. Sarah Ben Mansour a commencé à skier très tôt. Tout d’abord avec sa famille dans les Alpes. Puis elle s’est ensuite inscrite au « Ski club Casablanca » à Anvers (Belgique), qui est l’antenne européenne de la FRMSM. L’ascension dans le monde de la glisse de la Marocaine s’est fait naturellement par la suite. « J’ai participé à pas mal de courses belges au début et après à Tignes (France) dans les Alpes. J’ai marqué 101 points, pour se qualifier il faut être en dessous de la barre des 140 points FIS [*] », souligne-t-elle. Sarah Ben Mansour termine 10ème aux Mondiaux juniors de Slovénie à Maribor en 2004. C’était son premier grand meeting.

Le slalomeur Samir Azzimani est, quant à lui, issu d’une famille modeste de six enfants de la banlieue parisienne. Il a deux championnats du monde de ski à son actif. Au mondiaux de 2001 en Autriche, il termine 46ème sur 103 participants du slalom géant. Il participe au Championnat du monde 2003 de Saint-Moritz en Suisse à l’issue duquel il se placera 77ème sur 127 participants. Il confie qu’il réalise aujourd’hui « un rêve de gosse ». Il espère, avec Sarah Ben Mansour, représenter au mieux le royaume chérifien. Derek Giroulle attend pour sa part que les deux slalomeurs du Géant, dont il est le manager, puissent terminer leurs courses sans embûche et exploiter au maximum leur énorme potentiel.

1 200 licenciés au Maroc

Pour Mustafa Nait Lho, la qualification marocaine symbolise un retour contre le système discriminatoire des points FIS, mis en place au lendemain des Jeux d’Albertville (France) en 1992. « Certains skieurs tombaient et se relevaient plusieurs fois lors d’une descente et n’abandonnaient pas pour autant. Il a donc été décidé d’établir un nouveau calcul de points, qualificatif. Ce nouveau système ne favorise que les élites parmi les skieurs ». Derek Giroulle déclare que « cette qualification est pour nous une grande fierté et représente une victoire contre la modification élitiste du mode de qualification aux Jeux, après les Jeux d’Albertville ».

La FRMSM existe depuis 1956. Le Maroc compte aujourd’hui 16 clubs et 1 200 licenciés/compétiteurs. Le Président de la FRMSM explique que la principale contrainte rencontrée pour les pratiquants est l’irrégularité des neiges au Maroc. Cependant, il nous fait part d’un projet de grande envergure qui verra le jour très prochainement à Oukaïmeden (75km de Marrakech). Des promoteurs se sont d’ores et déjà engagés dans la réalisation d’une station de ski située sur un plateau à 2 600 mètres d’altitude.

[*] Points FIS : Les points FIS sont utilisés pour l’établissement du classement et calculés en fonction des résultats obtenus lors de chaque course internationale organisée par la FIS (Fédération internationale de ski). Plus le skieur est performant, plus son nombre de points sera faible.

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Aux origines de la lèpre

Aux origines de la lèpre
Une maladie antique et existentielle
Dossier La lèpre en Afrique

mardi 27 décembre 2005

Par Morad Ouasti

La fresque chronologique de la lèpre s’étend de l’antiquité à nos jours. Cette maladie très tôt mondialisée a provoqué un rejet social dans toutes les civilisations. Dans une dimension religieuse la lèpre était considérée comme le châtiment divin d’une corruption de l’âme. Aussi les nombreuses passions qu’a suscitées la lèpre dans les esprits et les imaginations méritent de revenir sur son récit historique.

« Sois mort au monde et revis en Dieu ». Tels étaient les paroles du prélat qui venait de jeter trois fois de suite de la terre sur la tête du lépreux dans sa fosse. La lèpre, symbole du châtiment divin pour qui a transgressé l’interdit, est au fil du temps et dans toutes les civilisations, une cause de discrimination sociétale. Appelée aussi maladie de Hansen, du nom du chercheur norvégien qui a mis en évidence la bactérie bacille Mycobacterium leprae responsable de la lèpre chez l’homme, la maladie est connue depuis l’antiquité par les civilisations égyptienne, chinoise et indienne.

Premières traces signalées en Asie

Déjà en 2000 avant Jésus Christ (J.C) la civilisation chinoise signale la maladie infectieuse. Elle l’interprète comme une punition des péchés de l’Homme. Entre 1800 et 1300 avant J.C les Vedas, les plus anciens livres sacrés en sanscrit de l’hindouisme, décrivent avec précision la maladie. Idem pour les écritures cunéiformes assyro-babyloniennes, antérieures au Ier millénaire avant J.C qui évoqueraient la lèpre, tout comme dans des papyrus de l’Egypte ancienne. Hérodote, historien grec du 5ème siècle avant notre ère, affirme que la lèpre sévissait en Perse il y a plus de 2500 ans sous le nom de « pisaga ». Les lépreux étaient mis au ban de la communauté et ne pouvaient communiquer avec les autres Perses. Quant aux lépreux étrangers ils étaient tout bonnement chassés du pays.

Au premier siècle de l’ère chrétienne la maladie infectieuse se propage en Grèce et en Italie. Et de manière plus accentuée au 3ème et 4ème siècle par le truchement de contacts et de brassages humains entre ces pays méditerranéens et le Moyen-Orient. La contagion à partir de l’Italie s’est opérée vers le nord par la conquête des Gaules. Galien, médecin de l’Antiquité, 131 ap. J.C, affirme que la lèpre aurait quitté les foyers méditerranéens vers 180 post-J.C pour s’installer en Espagne, en France et en Germanie.

L’Afrique berceau de la lèpre

L’Egypte aurait joué un rôle majeur dans cette progression vers l’Europe. Car dans l’antiquité le pays des pharaons était pour les pays euro-méditerranéens et l’Afrique subsaharienne le carrefour commercial esclavagiste. Il était par ailleurs une zone d’affrontements entre l’Europe et l’Asie. Les plus importants foyers de lèpre sont situés en Afrique. Willy Hansen et Jean Freney, dans leur livre Des bactéries et des hommes, expliquent que « les foyers de la lèpre les plus denses étant en Afrique, l’hypothèse a effectivement été émise que le berceau de la maladie se trouverait en Afrique et plus précisément au Soudan et en Ethiopie ».

Au Moyen âge la lèpre s’est répandue de façon notoire en Occident. Les expéditions de Charlemagne, l’invasion barbare, les guerres, l’interaction des peuples et des commerces, les pèlerinages vers l’Espagne sont à l’origine de la diffusion de la maladie. Le retour des croisés entre 1095 et 1270 a également largement contribué à l’européanisation de la lèpre.

Condamnation biblique

La lèpre trouve une partie de sa stigmatisation sociale dans la Bible (chapitre 13 du Lévitique [*]). Ce mot, traduit de l’hébreu "Zaraath" désigne une impureté au sens large du terme. Chapitre 13 du Lévitique verset 40 à 46 : « Si un homme perd les cheveux de son crâne, c’est la calvitie du crâne, il est pur. Si c’est sur le devant de la tête qu’il perd ses cheveux, c’est une calvitie du front, il est pur. Mais s’il y a au crâne ou au front un mal blanc-rougeâtre, c’est qu’une lèpre prolifère sur le crâne ou le front de cet homme. Le prêtre l’examinera et, s’il constate au crâne ou au front une tumeur blanc-rougeâtre, de même aspect que la lèpre de la peau, c’est que l’homme est lépreux ; il est impur. Le prêtre devra le déclarer impur, il est atteint de lèpre à la tête. Le lépreux atteint de ce mal portera ses vêtements déchirés et ses cheveux dénoués ; il se couvrira la moustache et il criera : ‘ Impur ! Impur ! ‘ Tant que durera son mal, il sera impur et, étant impur, il demeurera à part : sa demeure sera hors du camp ». Le forclos vivra en paria car il est bannit de la société.

Les Cagots sont un exemple de cette pratique d’exclusion. Ils étaient une communauté ladre vivant en repli dans le Sud Ouest de la France. Le terme « cagot » trouve vraisemblablement ses origines dans le mot béarnais qui veut dire lépreux. Ce phénomène né vers l’an mille s’est estompé au 17ème siècle pour disparaître au 19ème. Alors dénoncé comme un racisme populaire, l’excommunication était à cette époque localement bien ancrée.

Les léproseries

L’empereur Constantin 1er le Grand aurait fondé les premières léproseries autour de Rome au 4ème siècle. Ces lieux composés d’une multitude de cabanes pour lépreux portaient aussi le nom de borde. Au Moyen âge, l’extension de la carte de la lèpre a entraîné une extension des léproseries. Elles étaient placées extra-muros dans des endroits difficiles d’accès près d’un cours d’eau, l’époque considérant les bains comme salutaires, et en aval de la Cité pour que l’air impur l’épargne. Un chanoine ou un prêtre dirigeait la léproserie. La toponymie témoigne de cette époque. Des hameaux, ruisseaux ou lieux-dits s’appellent encore aujourd’hui La Maladière.

En ce temps, seules les professions infamantes sont autorisées à être exercées par les lépreux, équarisseur, fossoyeur, cordier (si les cordes servent aux pendaisons) ou encore charpentier (les planches réalisées par un lépreux doivent servir à la fabrication du cercueil d’un condamné à mort). La comparaison avec les « intouchables » en Inde est pertinente. Les médecins n’auront accès aux léproseries qu’au 14ème siècle. A cette époque la pandémie s’étiole et d’autres maladies infectieuses apparaissent dans les ladreries.

La lèpre représentait la punition de la transgression de l’interdit sexuel. Des mesures ont donc été prises par différents rois de France pour limiter son extension, en particulier Pépin le Bref, son fils aîné Charlemagne et beaucoup plus tard Henri IV. Vœu de chasteté, interdiction du mariage et encadrement par la suite des lépreux.

Le recul de l’endémie au 14ème et sa disparition au 17ème siècle vide les léproseries des vrais lépreux. Les faux lépreux établissent, ici, leur repère de vices et d’orgies. Le mot borde progressivement devient « bordel ». François 1er puis Henri IV prennent des mesures pour juguler les déviances. Beaucoup de ladreries ferment au cours des 15ème et 16ème siècle. A partir de 1789 les quelques lépreux subsistant en France sont accueillis dans les hôpitaux. Bien qu’elle ait disparu des pays du Nord la lèpre persiste encore aujourd’hui notoirement en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Chaque année 700 000 nouveaux cas sont enregistrés dans le monde.

-  Prévalence et détection en 2004 (pays ayant communiqué leurs chiffres), selon le site Internet de la fondation Raoul Follereau

Régions OMS Cas enregistrés (au début de 2005) Cas détectés
Afrique 47 596 46 918
Amériques 36 877 52 662
Est Méditerrannée 5 398 3 392
Asie du Sud-Est 186 182 298 603
Pacifique Ouest 10 010 6 216
Total 286 063 407 791

[*] Le pentateuque est l’ensemble des cinq premiers livres de la Bible : le Livre de la Genèse, le Livre de l’Exode, le Livre du Lévitique, le Livre des Nombres et le Livre du Deutéronome

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numéro vert au Maroc

Maroc : le premier numéro vert dédié aux femmes battues
0 8000 8888 : un numéro gratuit pour briser la loi du silence

mercredi 28 décembre 2005
Le Maroc a lancé, le 23 décembre dernier, le premier numéro vert dédié aux femmes battues du pays. Le 0 8000 8888 est l’une des dispositions de la stratégie nationale de la lutte contre la violence à l’égard des femmes.

Par Morad Ouasti

Haro sur les violences conjugales au Maroc. Le numéro vert 0 8000 8888, premier consacré aux femmes battues chérifiennes, a été inauguré vendredi dernier par le Premier ministre marocain, Driss Jettou. Fatima Maghnaoui, la directrice du centre d’accueil Annajda à Rabat se félicite de ce nouvel instrument de lutte. « Ce nouvel outil nous aidera dans le combat contre l’omerta », affirme-t-elle. Une loi du silence contre laquelle le gouvernement affiche toute sa détermination. La promotion de la mise en place de ce numéro s’est faite conjointement avec son lancement officiel. « Le message est passé sur les chaînes nationales de télévision RTM et 2M, sur les radios nationales et a été largement diffusé grâce au bouche à oreille, qui représente un mode de communication efficace », explique Mme Maghnaoui. « Depuis le numéro vert, qui est un service unique dans le monde arabe, a fait l’objet d’un reportage télévisé et continue d’attirer l’attention de beaucoup de médias marocains ou étrangers », précise-t-elle.

Déjà près de 500 appels

Six opératrices formées à l’écoute psychologique et aux spécificités des violences familiales se relaient, de 8h30 du matin à minuit, dans les locaux du numéro vert à Rabat. « Le numéro gratuit est totalement financé par le gouvernement marocain, il s’adresse aux femmes et aux filles violentées », explique Mme Maghnaoui. Le numéro est opérationnel à l’échelle nationale. « Le téléphone, facilement accessible aux analphabètes - contrairement à Internet par exemple - et répandu dans tout le Maroc, permettra d’orienter les femmes désorientées vers les organes judiciaires et administratifs compétents », souligne-t-elle.

Fatima Maghnaoui comptait, mardi soir, dans le centre d’accueil Annajda à Rabat, trois femmes qui avaient préalablement composé le 0 8000 8888. « Des femmes appellent, mais aussi des hommes, pour leur sœur », révèle Hanane Nadir, chef de service aux affaires féminines du secrétariat d’Etat chargée de la famille. Les appels durent en moyenne 10 à 15 minutes. « Cette première semaine est une semaine pilote, nous avons depuis la date d’ouverture de la ligne verte jusqu’à ce mercredi matin comptabilisé 230 appels téléphoniques sérieux, mais nous avons aussi reçu 217 appels de plaisantin. C’est un satisfecit, car c’est plus que ce que nous imaginions », poursuit-elle. Hanane Nadir et Fatima Maghnaoui espèrent très rapidement recruter de nouvelles opératrices pour pouvoir fonctionner 24H/24H et 7 jours sur 7. Seule contrainte, le Maroc étant un Etat multilinguistique (arabe, chleuh), les prochaines opératrices devront être en partie berbérophones.

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21 décembre 2005

microtrottoir

Les Maghrébins se sentent-ils africains ?
Micro-trottoir à Paris

mardi 20 décembre 2005
Les jeunes Français d’origine maghrébine se sentent-ils africains ? Revendiquent-ils une africanité ? Quelle est leur identité culturelle ? Micro-trottoir à Paris.

Par Morad Ouasti

L’Africanité compte-t-elle pour un « beur » ? Les jeunes Français issus de l’immigration maghrébine se sentent maghrébins pour une grande partie, ils appartiennent donc culturellement au continent africain. Seulement, dans l’esprit de certains, l’africanité n’est pas aussi évidente que chez un Français d’origine subsaharienne. Dans les rues de Paris, Sarah, Nadera, Khalid, Hassan, Dina, Salah, Zakaria et Nordine nous livrent la réponse à la question : « Vous sentez-vous africain ? »

-  Dina, 22 ans, sans emploi, d’origine marocaine
« Je suis assurément africaine »

"Oui, je suis africaine. C’est un axiome. Je me sens, sans équivoque, profondément africaine. Je suis d’origine marocaine berbère et très blanche de peau mais je pense sans l’ombre d’un doute appartenir au continent africain au même titre qu’une Sénégalaise ou qu’une Congolaise. Je suis berbère, c’est une particularité me permettant de ne pas me percevoir autant arabe qu’un Marocain non berbère. Il faut préciser que le Maghreb peuplé de Berbères a été parallèlement arabisé et islamisé. Mes ancêtres sont des autochtones africains. Il y a certes une différence exogène, celle de la couleur de peau et quelques traditions qui diffèrent, mais pour le reste nous sommes pareils."

-  Hassan, 29 ans, chef d’entreprise, d’origine marocaine
« Je me sens africain, mais du Nord »

"Oui, je me sens africain mais d’Afrique du Nord. Je suis maghrébin, mais de dire que je suis aussi africain ne me dérange aucunement car le Maghreb c’est aussi l’Afrique. Je suis d’origine marocaine, le Maroc est ethniquement composite. C’est un mélange d’Arabes de Berbères et de Noirs. Il est difficile de se sentir totalement africain... Je n’ai jamais été en Afrique noire et le seul rapport que j’ai avec cette Afrique, hormis le métissage du Maroc, c’est à travers la diaspora subsaharienne en France. Et elle est comme nous, tous sont pour la plupart de culture française ou ont une culture urbaine de banlieue. L’appréhension est donc faussée. Je me sens assez proche des Ouest-africains, en particulier des musulmans, pour des raisons de proximité géographique, anthropologique, familiale et culturelle. On partage les mêmes valeurs humaines. De plus, en tant que Maghrébin, contrairement à ce que beaucoup pourraient croire, je me trouve plus d’analogies dans la mentalité avec les Négro-africains qu’avec les Moyen-orientaux, pourtant ethniquement plus proches."

-  Zakaria, 24 ans, étudiant en sciences physiques, d’origine algérienne
« Etre africain, c’est intérioriser et véhiculer des valeurs humaines »

"Oui, je me sens africain. Africain d’Afrique du Nord... Il y a quand même des réalités qu’il ne faut pas négliger. Il existe des différences entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne qui est elle-même très hétéroclite. Au départ, nous sommes géographiquement limitrophes et la culture, ainsi que les valeurs intrinsèques maghrébines, sont identiques à celles des Subsahariens musulmans. La religion est un point commun très fort, elle transcende les différences ethniques, de couleur de peau, etc. Pourtant, il demeure des différences traditionnelles, les us et coutumes ne sont pas les mêmes partout."

-  Sarah, 22 ans, commerciale, d’origine tunisienne
« Quand j’entends le mot Afrique, je pense à l’Afrique noire »

"Non. Je ne me sens pas africaine à proprement parler, je me sens maghrébine. Il est vrai que, quand on se représente dans l’esprit la carte de l’Afrique, le Maghreb est en Afrique, mais on l’oublie souvent peut être à cause de la distance. Il y a le Sahara entre nous. Je me sens proche des Sénégalais et des Maliens parce qu’il y en a en France et qu’on a grandi ensemble dans les mêmes quartiers. Cependant, je ressens une appartenance plus forte au monde arabe, car en Tunisie, on consomme beaucoup de culture orientale comme la musique ou les feuilletons."

-  Nadera, 20 ans, étudiante en Economie-gestion, d’origine marocaine
« Quand je vais au Maroc je sens que je vais dans un pays arabe, mais je n’ai pas le sentiment de me rendre dans un pays africain. »

"Non. Je me sens marocaine et surtout berbère. Je n’ai rien contre les Africains d’Afrique noire mais je ne m’en sens pas particulièrement proche. Il est vrai qu’on fait partie du même continent. Je suis née en France, mon identité culturelle est fondée sur ce que mes parents m’ont appris, c’est-à-dire la culture arabo-berbero-islamique et la culture française. Quand je pars en vacance voir ma famille au Maroc, je sens que je vais dans un pays arabe, mais je n’ai pas le sentiment de me rendre dans un pays africain. Il y a des différences de traditions et de couleur de peau qui provoquent peut être une frontière psychologique. D’autant qu’à la télévision, les images liées à l’Afrique montrent toujours des populations noires ou des pays d’Afrique noire"

-  Khalid, 28 ans, conseiller financier, d’origine marocaine
« Je suis marié à une Malienne, j’aimerais m’installer au Sénégal »

"Oui, je me sens profondément africain. Ma femme est malienne, je vais régulièrement au Sénégal et au Mali. Je me trouve beaucoup d’affinités avec les Subsahariens, pour ainsi dire je pense qu’on vit de la même façon et que les mentalités, à quelques exceptions près, sont les mêmes. J’ai toujours été très attiré par l’Afrique noire, pourquoi, je ne sais pas, peut-être parce que j’ai cherché à la connaître. A part la pigmentation de la peau, je n’ai trouvé aucune différence. Je ne mange que des plats maliens, sénégalais, ivoiriens... Je suis toujours chez ma belle-famille malienne, je parle un peu et je continue d’apprendre le soninké. Je pense m’installer prochainement au Sénégal, j’y vais souvent et je suis sûr que je m’y sentirai très bien."

-  Salah, 27 ans, ingénieur télécommunication, d’origine algérienne
« Je me sens plus proche de la France que de l’Afrique noire »

"Non, je ne me sens pas du tout africain. Je trouve que ce sont deux mondes différents. Entre le Maghreb et l’Afrique noire il y a énormément de différences qu’elles soient culturelles, coutumières, de couleur de peau. A la limite, je me trouve des affinités avec les Africains noirs et musulmans, mais avec les autres pas du tout. C’est paradoxal, mon nom de famille, en berbère, veut dire « noir », pourtant je ne suis pas berbère et je suis blanc de peau ! Je me sens beaucoup plus proche de la France de par l’histoire coloniale algérienne et de la mentalité. J’ai grandi dans le même quartier que des Africains et certains sont mes amis, mais j’avoue ne pas connaître vraiment leur culture, peut être est-ce pour cette raison que je ne ressens pas d’africanité ?"

-  Nordine, 26 ans, étudiant en Finance, d’origine marocaine
« Il y a deux Afriques »

"Je me sens Nord-africain précisément. Il y a des différences caractéristiques notoires entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire. Qu’elles soient socio-économiques ou culturelles. Il est vrai que les Maghrébins et les Negro-africains musulmans sont proches, toutefois les caractéristiques des deux Afriques sont multiples. Nous n’avons pas au Maghreb les mêmes problèmes de sida, de conflits inter-ethniques, nous n’avons pas tout à fait la même histoire si ce n’est l’époque coloniale, ethniquement nous sommes différents. Nous faisons partie du même continent, mais il y a une étendue de différences entre nous et eux symbolisée par une barrière naturelle, le désert du Sahara."

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08 décembre 2005

Google

Le patrimoine culturel africain face à la déferlante Google
Entretien avec Jean-Noël Jeanneney, président de la Bibliothèque nationale de France

jeudi 8 décembre 2005
En quelques années, l’entreprise américaine Google s’est imposée sur le Net. Elle projette, dans un futur proche, de procéder à la numérisation de 15 millions de livres appartenant au patrimoine culturel mondial. Quelles seront les conséquences de cette initiative américaine pour l’Afrique ? L’avis de Jean-Noël Jeanneney, président de la Bibliothèque nationale de France.

Par Morad Ouasti

Google, le géant américain de la Toile, souhaite numériser 15 millions de livres du patrimoine culturel mondial disponibles dans des bibliothèques en majorité américaines. Dans un récent ouvrage, Quand Google défie l’Europe, Jean-Noël Jeanneney, le président de la Bibliothèque nationale de France (BNF), met en garde sur le risque d’un monopole culturel américain. Si les pays européens, l’Inde ou encore la Chine peuvent faire face à cette menace, le continent africain est plus démuni. Dans cet entretien, l’historien, patron d’un des lieux phare de la culture française, revient sur les conséquences d’une telle entreprise pour l’Afrique.

Afrik : Quelles sont les conséquences pour l’Afrique du projet de Google ?
Jean-Noël Jeanneney :
Il y a deux conséquences et la première est positive. Le projet de Google, tout comme Gallica, celui de la Bibliothèque nationale de France qui a déjà permis la numérisation de 80 000 livres numérisés, est un moyen de réduire la fracture numérique. Entre ceux ont un accès aisé aux bibliothèques et les autres qui y accèdent plus difficilement. C’est le cas entre le Nord et le Sud. Dans les années 70, Sean Mac Bride, alors président d’une commission internationale d’étude des problèmes de la communication à l’Unesco (l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture), avait déjà réfléchi à cette problématique, mais en termes d’accès à l’information. Aujourd’hui, il s’agit de la culture dans son acception la plus large. Le passage par Internet permettra de diminuer cette inégalité d’accès à la culture grâce aux livres. Mais qu’en sera-t-il de l’organisation de l’offre ? C’est là le problème. Quels livres seront numérisés ? Comment s’effectuera leur classification ? C’est à cause de toutes ces interrogations que j’ai lancé un appel. Car Google risque de rechercher un quasi - monopole dans ce domaine. Le choix des livres, appartenant à des bibliothèques américaines pour l’essentiel, leur organisation et leur offre présentent deux caractéristiques fondamentales. D’une part, c’est une vision anglo-saxone, même si elle se prétend universelle. Et d’autre part, c’est une entreprise commerciale qui sera fortement influencée par la publicité.

Afrik : C’est pour cela que vous avez publié Quand Google défie l’Europe...
Jean-Noël Jeanneney :
Il m’est apparu qu’il fallait que les autres continents et d’abord l’Europe, parce que je suis Européen, proposent une numérisation massive et organisée de manière différente. Nous n’avons pas attendu Google pour cela. Gallica le prouve même si les livres concernés sont loin du million, l’objectif à atteindre dans quelques années. Ce que j’ai proposé, et qui a touché les esprits et les cœurs, c’est une bibliothèque européenne avec des choix européens et un algorithme européen. Dans l’intérêt, naturellement, de l’Europe. Car il y a une vision européenne. L’Europe a déjà exprimé sa spécificité dans plusieurs domaines : l’écologie, la peine de mort, l’équilibre entre l’état et le marché... Mais c’est aussi dans l’intérêt des autres continents qui auront la possibilité d’accéder à différentes sources, gage de liberté. Notamment l’Afrique, avant qu’elle ne soit en mesure de numériser sa littérature.

Afrik : Avez-vous été sollicité par des pays africains ?
Jean-Noël Jeanneney :
Oui, l’Egypte en l’occurrence. Pour ce qui est de la partie arabe de l’Afrique, la bibliothèque d’Alexandrie a marqué un vif intérêt pour mon livre qui a déjà été traduit en arabe. Cela montre qu’elle a envie que les livres de la civilisation arabe, plus largement l’Islam, soient représentés en bonne place sur la Toile. A l’instar de la Chine et de l’Inde. Il est important que les grandes civilisations de la planète puissent proposer leur propre regard sur leur héritage. Il y a une grande marque d’intérêt pour mon projet de la part d’anciennes colonies françaises comme l’Algérie et le Maroc qui sont effectivement limités dans leurs moyens. Leur souci est avant tout de constituer des bibliothèques matérielles qui fonctionnent et qui soient entretenues. Ils suivent de très près les événements liés à la numérisation et je souhaite les tenir au courant.

Afrik : Peut-on parler des conséquences de l’initiative de Google sans faire la différence entre l’Afrique francophone et anglophone ?
Jean-Noël Jeanneney :
L’Union européenne doit numériser pour éviter que l’anglais, peu à peu, ne vienne chasser les autres langues quand on sort du cercle familial ou national. L’Afrique est riche de la diversité des langues importées et de ses propres langues. L’Afrique francophone, si elle le souhaite, peut travailler avec la France : nous sommes des amis. Des liens technologiques permettront une interopérabilité, une homogénéité des critères de choix des livres et de la présentation des documents numérisés. Il sera indispensable d’en parler avec les Africains le jour où ils pourront le faire. Un jour ou l’autre, ils auront à affronter ce défi comme nous l’affrontons aujourd’hui. Cependant, l’Afrique francophone et l’Afrique anglophone doivent travailler ensemble pour proposer une vision africaine du monde.

Afrik : Quelles sont les garanties pour que le projet de numérisation européen soit moins impérialiste que le projet américain ?
Jean-Noël Jeanneney :
Je considère que l’héritage des Lumières est un bien universel. Je pense que l’Afrique a tout intérêt à ce que plusieurs sources existent, en attendant (je n’y verrais évidemment que des avantages) que le continent ait son propre regard. L’Union africaine pourrait contribuer à son émergence.

Afrik : La culture n’est-elle pas un moyen pour les Américains de réaliser à terme le rêve de Francis Fukuyama ?
Jean-Noël Jeanneney :
Peut-être. Mais je pense que la thèse de Francis Fukuyama, qui promet l’avènement d’une démocratie libérale de type américain qui s’étendrait forcément à toute la planète, dans laquelle tout le monde serait heureux, sans guerre ni affrontement, est absurde. Le monde est riche de sa diversité culturelle et celle-ci n’engendrera pas, en soi, de choc des civilisations. Elle n’implique pas la guerre, mais au contraire la compréhension et l’écoute. Il est plus sûr et sage d’avoir différents pôles d’influence culturelle qu’un seul qui serait américain.

Afrik : On parle de projet européen mais les Anglais sont-ils sur la même ligne de conduite que les Français ?
Jean-Noël Jeanneney :
Ils désirent faire partie de la bibliothèque européenne, surtout si ça marche. Mais en même temps, ils viennent de conclure un accord avec Microsoft, grand rival de Google, pour numériser une centaine de milliers d’ouvrages. Au total, la position anglaise est encore floue.

Afrik : Y- a t-il un projet de mobilisation à l’échelle continentale en Afrique ?
Jean-Noël Jeanneney :
Non. Il n’y en a pas encore mais je pense que si on lance une bibliothèque européenne, ça va aller assez vite. Une prise de conscience naîtra sur le continent africain. J’espère par ailleurs, qu’avec l’aide technologique et matérielle d’autres continents, on arrivera à dégager les moyens nécessaires pour concrétiser un tel projet, en dépit des difficultés que rencontrent ces pays.

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05 décembre 2005

Sommet Afrique-france

Mali : fin du 23ème Sommet Afrique-France
Jacques Chirac donne les voies du changement pour le Continent

lundi 5 décembre 2005
Le 23ème sommet Afrique-France s’est tenu les 3 et 4 décembre 2005 à Bamako (Mali). Placé sous le signe de « la jeunesse africaine », il a rassemblé les représentants des 53 pays africains. Ce sommet a abordé les questions de l’émigration, du Darfour (Soudan), de la crise ivoirienne et de la place de l’Afrique dans le commerce mondial. La jeunesse africaine, mise à l’honneur, a interpellé les politiques présents ce jour là.

Mourad Ouasti

« Le rôle positif de Chirac en Afrique ». Jacques Chirac, le Président français, s’est envolé pour la capitale malienne avec, dans sa hotte, plein de cadeaux pour le continent africain. Lors du 23ème Sommet Afrique-France, qui s’est tenu les 3 et 4 décembre dans la grande salle du Centre international de conférences de Bamako, il a notamment proposé des mesures pour juguler l’immigration et appelé les pays riches a plus de solidarité.

Cinquante-trois pays africains ont participé au Sommet, ouvert sous le thème de la « jeunesse africaine ». La rencontre a mis à l’honneur la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf, première femme chef d’Etat africain. Dimanche, une entrée a été remarquée : celle du Président en fonction de l’Union africaine (UA) et du Nigeria, Olusegun Obasanjo, à la tête d’une troïka composée du Président sud-africain Thabo Mbeki, également médiateur de l’UA, et du Président nigérien Mamadou Tandja, actuellement président de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Laurent Gbagbo, le Président ivoirien, s’est fait représenter par son ministre de l’Intégration, Théodore Mel Eg.

La lutte contre la pauvreté et visas pour l’intelligentsia

Jacques Chirac a insisté sur la lutte contre la pauvreté, selon lui cause de l’émigration, en donnant à la jeunesse africaine ce qu’il lui revient de droit pour qu’elle puisse rester chez elle. C’est-à-dire l’éducation, la formation, l’emploi et la santé. Concernant les objectifs de l’aide publique au développement, le Président français a indiqué : « Pour les atteindre, il faudrait au moins doubler l’aide publique mondiale et la porter à 150 milliards (de dollars) par an ». « La France, imitée pour l’heure par un faible nombre de pays, instituera en juillet 2006 une taxe de solidarité sur les billets d’avion, qui rapportera chaque année plus de 200 millions d’euros. J’invite tous les pays intéressés à venir à Paris en février pour une conférence consacrée à cette question, de façon à rendre le mouvement irréversible », a-t-il ajouté.

Selon le chef de l’Etat malien, Amadou Toumani Touré, le nombre de migrants, actuellement de 16,3 millions, risque de tripler très rapidement. Toutefois, Jacques Chirac a annoncé la délivrance de visas longue durée et à entrées multiples à l’intelligentsia africaine. « Entrepreneurs, cadres, chercheurs, professeurs, artistes : leurs activités sont, par nature, liées à l’échange. J’ai décidé de faciliter pour eux la délivrance de visas de longue durée à entrées multiples, c’est indispensable à leurs activités », a-t-il justifié.

Le défenseur des intérêts agricoles français estime que l’Afrique doit occuper sa « juste place » dans le commerce international, particulièrement dans le secteur agricole. Il interpelle les pays industrialisés : « Les paysans africains doivent recevoir la juste rémunération de leur travail. Nous ne pouvons accepter qu’une libéralisation hâtive et généralisée des échanges agricoles ruine les efforts des pays les moins avancés ». A quelques jours de la réunion interministérielle de l’Organisation mondiale du commerce à Hong Kong, Jacques Chirac s’est positionné en avocat inlassable de l’Afrique. Il a lancé de Bamako un appel solennel aux Etats-Unis pour qu’à l’instar de l’Union européenne ils entreprennent de supprimer les subventions de coton.

La crise ivoirienne au cœur des discussions

Le 23ème sommet a également été l’occasion de se pencher sur le conflit au Darfour (Soudan) et la crise ivoirienne. Jacques Chirac a fait part de sa volonté de trouver une issue à la situation tumultueuse que vit la Côte d’Ivoire. Il espère le désarmement et la mise en place d’élections présidentielles sous contrôle de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et de l’UA. Le Président malien, craignant une extension du conflit régionale, a souligné : « Il nous faut la paix en Côte d’Ivoire parce que nous, nous étouffons ». La fin du Sommet a vu la désignation tant attendue d’un Premier ministre ivoirien : Charles Konan Banny, gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

La délivrance d’un Sommet peu original est venue d’une Camerounaise de 31 ans, née en France, Marie Nkom Tamoifo. Celle-ci a clairement lancé un ultimatum aux dirigeants Africains et à leur hôte. La semonce parle d’elle même : « Si les politiques ne s’occupent pas de la jeunesse, alors le vent du changement, dans un contexte démocratique, va conduire la jeunesse à s’occuper des politiques afin que les engagements aient un sens ».

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01 décembre 2005

Soninkara.com

Soninkara.com ouvre les portes de la civilisation soninké
Une mine d’informations sur cette communauté ouest-africaine

jeudi 1er décembre 2005
Soninkara.com est le portail culturel par excellence des Soninkés. Ce site, qui raconte le peuple et l’histoire soninkés, fait la promotion de la langue et de la riche culture de cette grande ethnie d’Afrique de l’Ouest. Un site très attachant, même si le fond est plus soigné que la forme.

Par Mourad Ouasti

Soninkara.com propose aux passionnés de découverte, d’authenticité et de valeurs immuables une visite guidée au cœur de la civilisation ouest-africaine soninké. Histoire, société, langue, cuisine, art et tradition... Tous les us et coutumes de cette civilisation sont présentés. Une main de l’amitié entre les peuples vous est tendue, attrapez-là !

Pour la promotion de la culture

Les initiateurs de ce site ont constitué une base de données pour promouvoir via Internet la culture soninké à travers le monde. Les non-initiés, francophones ou anglophones, peuvent s’offrir gratuitement des cours de langue et sont invités à partager leurs idées sur un forum, pas toujours bien agencé. Les débats tournent généralement autour la société soninké d’Afrique et d’ailleurs.

La page d’accueil, un brin austère, découvre de nombreuses rubriques très nourries. Le volet Histoire-Géographie, mis en lumière par une carte des Soninkés en Afrique, rend compte du rayonnement culturel d’une civilisation ancestrale et prépondérante en Afrique de l’Ouest. Beaucoup d’informations de qualité, mises en évidence par de très belles photos, témoignent de l’engouement des initiateurs du site. Les sujets, quand ils sont traités, le sont sérieusement. Cependant, il est dommage que de nombreuses pages, à l’instar celle dédiée à la littérature, soit « en construction » depuis trop longtemps.

Un peu précaire

Si le fond du site est irréprochable, un effort en matière de présentation aurait été le bienvenu. Le côté village, retour aux sources est bien ressenti, peut être un peu trop... Le choix des couleurs auraient pu être plus judicieux : un compromis entre le orange et le marron, une sorte de mauve pâle, du noir sur du gris foncé créent une ambiance monotone. Le site a la fièvre et à l’air de souffrir en silence, si bien qu’il n’arrive pas à dégager le réel dynamisme de la société soninké. Pour couronner le tout, les polices d’écriture désaccordées rendent la navigation sur le site désagréable.

La culture, source de développement socio-économique, n’est pas du tout mise en valeur. La précarité de la structure du site masque complètement le trésor didactique sur lequel seul les passionnés d’Afrique osent fureter. Ainsi, les non initiés, lassés de la présentation quelque peu négligée, ne cliqueront que sur les deux, trois premiers onglets... Dommage, car les contes et poèmes, musiques et traditions, sculptures et tissages et bien d’autres rubriques encore, demeureront tels des perles dans leurs coquilles bien cachées. En bref, Soninkara.com est un géant aux pieds d’argile. La Communauté soninké mérite d’être mise en valeur, sur soninkara.com, de manière plus élogieuse. Car c’est à travers ce site que l’image des Soninkés est représentée sur Internet de par le monde.

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loi sur l'immigration

Immigration : Dominique de Villepin sort l’artillerie lourde
Cinq mesures énergiques pour freiner l’immigration en France

mercredi 30 novembre 2005
Le Premier ministre français Dominique de Villepin a présenté, mardi, son programme pour maîtriser l’immigration en France. Au menu, le regroupement familial, les mariages de complaisance, le statut des demandeurs d’asile et la sélection des étudiants étrangers. L’autre homme fort du gouvernement, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, compte pour sa part expulser 25 000 clandestins en 2006.

Par Mourad Ouasti

C’est seul que Dominique de Villepin, le Premier ministre français, a annoncé ses mesures pour contrôler l’immigration, mardi matin. Elles résultent des conclusions du Comité interministériel du contrôle de l’immigration (Cici) auquel ont participé dix membres du gouvernement, dont Nicolas Sarkozy, le ministre de l’Intérieur. Au menu le regroupement familial, les mariages binationaux, l’accueil d’étudiants étrangers et le statut des demandeurs d’asile. Cette batterie de mesures, pour le moins drastiques, marque un tournant dans la politique française en matière d’immigration.

Maîtriser le français pour vivre en France

Le regroupement familial deviendra désormais plus ardu. Le délai de séjour impératif pour qu’un étranger puisse demander le regroupement familial passe d’un à deux ans. Dominique de Villepin a précisé que la maîtrise du français serait exigée pour faire venir sa famille et mis en exergue le respect de la loi, quant à l’interdiction de la polygamie en France. Toujours sur le plan matrimonial, les mariages binationaux seront désormais plus encadrés. Le gouvernement espère décourager les candidats au mariage de complaisance, premier mode d’immigration légal, en remaniant le code civil.

Le conjoint étranger d’un français devra attendre quatre ans, au lieu de deux actuellement, pour devenir français si le couple réside en France. S’ils vivent à l’étranger, la durée d’attente passe de trois à cinq ans. Un mariage à l’étranger sera précédé d’une audition chez le Consul de France qui pourra émettre des réserves auprès du procureur de la République à Nantes (France) qui a compétence pour s’opposer à cette union. En cas de refus de la part des autorités françaises, seule une décision judiciaire pourra homologuer l’alliance.

25 000 clandestins seront expulsés d’ici 2006

L’accueil d’étudiants étrangers sera lui aussi désormais très sélectif. L’étudiant étranger qui souhaite venir faire des études en France devra préalablement passer l’épreuve du Centre pour les études en France (CEF). Ce centre, déjà présent dans plusieurs pays, dépend du service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France. Il évalue le niveau de français, fait passer des tests et des examens de langue française et étudie les projets estudiantins. Le visa aura la valeur de titre de séjour. Au terme de leurs études, seuls ceux qui sont titulaires, au minimum, d’un mastère auront le droit, dans un intervalle de 6 mois, de chercher un emploi. Ceux qui en décrocheront un en liaison avec leur formation universitaire obtiendront un titre de séjour.

Enfin le statut des demandeurs d’asile est revisité. Les préfectures auront quinze jours pour traiter les demandes d’admissions provisoires des demandeurs d’asile. Le gouvernement français trouve ainsi le moyen de réduire le délai d’appel devant la commission de recours des réfugiés. D’un mois, il passera à quinze jours. Selon le ministre français de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, ce sont chaque année entre 80 000 et 100 000 étrangers qui s’installent en France. Il considère que cet afflux d’immigrants est un facteur de déstabilisation de la société française. Par ailleurs, il estime que les avantages sociaux offerts aux clandestins renforcent l’attractivité de la France comme terre d’immigration. Il entend d’ailleurs reconduire à la frontière 25 000 clandestins en 2006. Néanmoins, unne interrogation demeure. Qui de Nicolas Sarkozy ou Dominique de Villepin sera le pilote de ce nouveau dispositif ? L’immigration semble donc se profiler comme le nouveau terrain de jeu des deux rivaux politiques français.

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