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14 février 2006

La fidélité

Les hommes et la fidélité
Microtrottoir aux quatre coins de l’Afrique au lendemain de la Saint-Valentin

mardi 14 février 2006
Les chocolats et friandises de la Saint-Valentin ne sont pas digérés, les roses n’ont pas commencé à faner, qu’Afrik a voulu sonder les mâles du continent africain pour savoir ce que la fidélité représentait pour eux. Intransigeance déclarée pour beaucoup, limite à fixer ensemble pour certains, la frontière entre fidélité et infidélité n’est pas qu’une question de principe. C’est une histoire de vécu, la ligne de démarcation se trouvant sans cesse déplacée et théorisée selon son histoire personnelle... et sa convenance.

Par Morad Ouasti

Adiourou, 31 ans, diplômé en Droit. Mali. « Ça dépend de l’intention avec laquelle on regarde »

La fidélité, c’est une question de respect. Respecter, c’est tout se dire avec honnêteté et clarté. C’est ne rien se cacher. C’est aussi se conformer à des principes et à des valeurs morales. Par contre, l’infidélité s’exprime, à mon sentiment, dès lors que l’une des parties camoufle des choses dans la relation ou devient mal intentionnée. Par exemple, lorsqu’un homme marche avec sa femme ou sa petite amie dans la rue et que celle-ci regarde un autre homme, il n’y a pas de problème. Mais si celle-ci le regarde avec une intention particulière, de l’ordre du désir, là il y a infidélité. Et réciproquement pour l’homme.

Mokhtar, 35 ans, cariste. Algérie. « Si elle trompe son mari ?! C’est une crise humanitaire ! »

La fidélité, c’est quand un homme ne trompe pas sa femme, qu’il est sérieux. Ça veut dire ne pas lui mentir, ne pas regarder une autre femme. Idem pour elle. Mais si elle trompe son mari ?! C’est pas de l’infidélité, c’est plus grave ! C’est une crise humanitaire ! Ça mérite la cour martiale ! Le tribunal international... Mais si on n’est pas marié, c’est pas pareil, c’est pas grave. Quand c’est juste une copine, comme ça, si elle me trompe avec un ami par exemple, c’est pas de l’infidélité, c’est la copine de tout le monde. Oui, ça c’est pas grave, je m’en fous. Quand un homme trompe sa petite amie, c’est pas la même chose. L’homme il est faible, il n’arrive pas à se retenir. La femme peut se retenir plus facilement qu’un homme. Ah oui, c’est pas la même chose.

Didier, 23 ans, étudiant en commerce international. Côte d’Ivoire. « Il y a un temps pour tout »

Il y a un temps pour tout. L’évolution entre un homme et une femme est différente. Tout d’abord on idéalise l’amour et ensuite il faut le vivre pleinement. La fidélité est essentielle et requiert que l’on ait vécu assez de choses, eu plusieurs partenaires... en même temps, s’il le faut, avant de penser à mener une vie stable avec une seule femme. L’infidélité peut être la cause d’une vie qui n’a pas été assez vécue. Même s’il peut bien sûr y avoir des dérapages de l’un ou l’autre dans un couple.

Diarra, 47 ans, employé au « Grand Moulin ». Mali. « Le péché, c’est quand on touche, pas quand on regarde »

La fidélité, c’est être clair et droit. C’est s’intéresser à l’autre, être sérieux avec lui. L’infidélité commence à partir du moment où on n’est pas juste. Si je marche avec une femme et qu’elle regarde un autre homme, ça, c’est de l’infidélité. (Sur un ton plus hésitant, ndlr) Bon... le péché, c’est quand on touche, pas quand on regarde. Donc, si je regarde une autre femme, c’est pas de l’infidélité. C’est pas pareil, un homme et une femme. L’homme est de nature plus sensible à la tentation de la femme. Alors que la femme symbolise la dignité familiale.

Mohamed, 30 ans, architecte. Algérie. « Les femmes se mettent aussi à la mode de l’infidélité »

La fidélité, c’est avant tout l’honnêteté et le respect de l’autre. Mais je pense que c’est une idée dépassée, parce que ça n’existe plus, par rapport à ce que je vois autour de moi. Je ne sais pas ce qui a pu se passer, mais c’est comme ça. De manière générale, ce sont les hommes jusque-là qui étaient infidèles. Mais les femmes se mettent aussi à la mode de l’infidélité. C’est encore pire chez vous, en France : vous avez même des clubs échangistes pour sortir de la routine. Les hommes du 21ème siècle veulent toujours plus. Comme ils n’ont jamais été éprouvés par la guerre, certains par la misère, ils n’arrivent pas à apprécier les choses de la vie à leur juste valeur. L’infidélité... je pense qu’elle commence quand on accepte de se laisser séduire par quelqu’un d’autre.

Ali, 30 ans, étudiant en anglais. Soudan. « L’infidélité de l’homme est moins vulgaire que celle de la femme »

La fidélité pour un homme, c’est ne pas tromper sa femme, la respecter, être honnête avec elle. C’est une qualité qu’il faut préserver. Ensuite, tout dépend de l’intention que tu as avec elle. Par exemple, quand tu regardes quelqu’un d’autre que ta femme ou ta copine avec désir, tu es infidèle. C’est impardonnable. Si ma copine regarde un autre homme avec désir, je la jette, elle n’a qu’à partir avec lui. Si cela se produit, c’est qu’il y a eu précédemment des problèmes dans la relation. Peut-être par manque de dialogue. Au Soudan, l’infidélité de l’homme est grave mais moins vulgaire que celle de la femme. Parce que c’est la femme qui tombe enceinte, pas l’homme. Quand on ne connaît pas le père ou quand ce n’est pas le mari qui est le père, c’est une immense humiliation.

Mory, 32 ans, journaliste. Mali. « L’infidélité, j’appelle ça le désaccord de communication »

La fidélité, c’est la probité. C’est le respect de l’autre. Elle s’exprime par le fait que l’on ne puisse faire du mal et qu’on privilégie la communication mutuelle. Dans la fidélité, il n’y a pas de coups bas. L’infidélité, par contre, c’est quand il n’y a plus de respect, j’appelle ça le désaccord de communication. Regarder quelqu’un d’autre ce n’est rien. Le regard a de multiples facettes, il a différentes appréciations. L’infidélité peut s’expliquer par la morosité dans un couple, qui est le résultat du train-train quotidien. Rappelons que l’une des bases de la stabilité d’un couple repose sur la relation sexuelle. S’il y a une insatisfaction de l’un ou de l’autre, il peut y avoir une crise entre les deux qui débouche sur l’infidélité. Autre source de déséquilibre, c’est le matérialisme dû à la pauvreté. Souvent, les femmes, en Afrique, ont plusieurs amants qui peuvent leur offrir leurs pommades, leurs mèches ou de l’argent. Un coiffeur qui les coiffera gratuitement, un vendeur de chaussures qui les chaussera, un vendeur de vêtements qui les habillera...

Didier Gérard, 21 ans, étudiant technique de commercialisation. Bénin. « Aller voir ailleurs peut solidifier un couple... ou le détruire »

La fidélité est une chose importante, il faut y tenir en tant que principe. Dans une optique de mariage, de vie en couple, il est impératif que l’on ait une bonne entente, qu’il y ait de la communication. C’est le b.a.-ba. Car sans dialogue, les portes de la relation entre l’homme et la femme se ferment. L’infidélité dépend de l’état psychologique dans lequel on se trouve. Tout le monde ne voit pas l’infidélité de la même façon. Pour certains, un dérapage n’est pas de l’infidélité. Je pense que par moment, aller voir ailleurs peut être une bonne chose pour l’équilibre d’un couple. Comme il peut le détruire. C’est une arme à double tranchant. Mais aller voir ailleurs peut servir à se rendre compte de l’amour réel qu’on porte à sa femme.

Fouad, 28 ans, étudiant en lettre. Maroc. « Le dialogue est l’élément le plus important »

La fidélité est une valeur dont la définition est différente selon les cultures et les personnes. C’est un terme vague qui signifie pour les uns qu’aucun écart physique n’est permis. Pour les autres, c’est un état d’esprit. Je pense qu’on peut faire un mélange des deux. C’est-à-dire avoir l’intention et se donner les moyens d’être fidèle selon des limites définies avec son conjoint et respecter ces engagements, même dans les moments les plus difficiles. Cela implique une capacité à la maîtrise de soi. L’infidélité, par définition, commence là où les limites de la fidélité définie avec son conjoint ne sont plus respectées. Le dialogue est plus que tout autre chose l’élément le plus important de l’équilibre d’un couple.

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Pedro Pires

Cap Vert : Pedro Pires remporte les élections présidentielles
Pedro Pires devance son rival Carlos Vieiga d’1%

mardi 14 février 2006
Le président sortant du Cap Vert, Pedro Pires, a remporté l’élection présidentielle qui s’est déroulée dimanche dans l’archipel. Il obtient 51,1% des voix contre 48,9% pour Carlos Veiga, son unique rival, a annoncé lundi la Commission nationale des élections (CNE). Un épilogue qui n’est pas sans rappeler celui des présidentielles de 2001.

Par Morad Ouasti, avec Panapress

Pedro Pires rempile pour cinq ans. Le président sortant, candidat du Parti africain pour l’indépendance des îles du Cap Vert (PAICV), a obtenu 51,1% des suffrages dans les présidentielles du 12 février dernier, a annoncé mardi la Commission nationale des élections (CNE). Cela représente 86 676 voix, contre 82 857 pour son seul adversaire, Carlos Veiga, soutenu par le Mouvement pour la démocratie (MPD), la plus grande formation de l’opposition. 3 800 voix, c’est beaucoup plus que les douze qui lui ont donné la victoire en 2001 contre le même challenger. La confirmation de sa victoire était alors survenue dix jours après l’annonce des résultats.

Le 22 janvier, le PAICV a remporté les élections législatives en obtenant 55,28% des suffrages, soit 41 sièges sur les 72 que compte l’Assemblée nationale. Le MPD est arrivé deuxième en recueillant 44,02% des voix, mais a déposé une plainte auprès de la Haute cour de justice pour fraude électorale.

Une situation économique précaire

Sur les 323.594 électeurs inscrits, 171.591 citoyens capverdiens ont accompli leurs droits civiques, ce qui représente un taux d’abstention de 46,93%, contre 41% en 2001. Pedro Pires fait aussi bien que Mascarenhas Monteiro, Président élu en janvier 1991 à l’issue des premières élections pluralistes du pays, puis réélu en février 1996. Le MPD, dont le président a été Premier ministre sous Mascarenhas, a depuis laissé la présidence et la majorité parlementaire au PAICV, ne remportant que les municipales (11 des 17 municipalités) en mars 2004.

Pour son second mandat, Pedro Pires, doit faire face à une situation économique précaire. Malgré une relative stabilité politique, en 2002, 36% des Capverdiens vivaient en dessous du seuil de pauvreté. Le Cap Vert occupe la 105e place sur une liste de 150 pays dans le classement de l’indice de développement humain établi par l’Onu. Il devance l’Afrique du sud et se place derrière Maurice et la Tunisie. Le pays continue son processus de libéralisation, ainsi que son rapprochement avec les Etats-Unis. Washington est intéressé par les considérables ressources pétrolières offshore qui sommeilleraient dans les eaux territoriales du Cap Vert.

Posté par morad à 19:54 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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