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14 février 2006

La fidélité

Les hommes et la fidélité
Microtrottoir aux quatre coins de l’Afrique au lendemain de la Saint-Valentin

mardi 14 février 2006
Les chocolats et friandises de la Saint-Valentin ne sont pas digérés, les roses n’ont pas commencé à faner, qu’Afrik a voulu sonder les mâles du continent africain pour savoir ce que la fidélité représentait pour eux. Intransigeance déclarée pour beaucoup, limite à fixer ensemble pour certains, la frontière entre fidélité et infidélité n’est pas qu’une question de principe. C’est une histoire de vécu, la ligne de démarcation se trouvant sans cesse déplacée et théorisée selon son histoire personnelle... et sa convenance.

Par Morad Ouasti

Adiourou, 31 ans, diplômé en Droit. Mali. « Ça dépend de l’intention avec laquelle on regarde »

La fidélité, c’est une question de respect. Respecter, c’est tout se dire avec honnêteté et clarté. C’est ne rien se cacher. C’est aussi se conformer à des principes et à des valeurs morales. Par contre, l’infidélité s’exprime, à mon sentiment, dès lors que l’une des parties camoufle des choses dans la relation ou devient mal intentionnée. Par exemple, lorsqu’un homme marche avec sa femme ou sa petite amie dans la rue et que celle-ci regarde un autre homme, il n’y a pas de problème. Mais si celle-ci le regarde avec une intention particulière, de l’ordre du désir, là il y a infidélité. Et réciproquement pour l’homme.

Mokhtar, 35 ans, cariste. Algérie. « Si elle trompe son mari ?! C’est une crise humanitaire ! »

La fidélité, c’est quand un homme ne trompe pas sa femme, qu’il est sérieux. Ça veut dire ne pas lui mentir, ne pas regarder une autre femme. Idem pour elle. Mais si elle trompe son mari ?! C’est pas de l’infidélité, c’est plus grave ! C’est une crise humanitaire ! Ça mérite la cour martiale ! Le tribunal international... Mais si on n’est pas marié, c’est pas pareil, c’est pas grave. Quand c’est juste une copine, comme ça, si elle me trompe avec un ami par exemple, c’est pas de l’infidélité, c’est la copine de tout le monde. Oui, ça c’est pas grave, je m’en fous. Quand un homme trompe sa petite amie, c’est pas la même chose. L’homme il est faible, il n’arrive pas à se retenir. La femme peut se retenir plus facilement qu’un homme. Ah oui, c’est pas la même chose.

Didier, 23 ans, étudiant en commerce international. Côte d’Ivoire. « Il y a un temps pour tout »

Il y a un temps pour tout. L’évolution entre un homme et une femme est différente. Tout d’abord on idéalise l’amour et ensuite il faut le vivre pleinement. La fidélité est essentielle et requiert que l’on ait vécu assez de choses, eu plusieurs partenaires... en même temps, s’il le faut, avant de penser à mener une vie stable avec une seule femme. L’infidélité peut être la cause d’une vie qui n’a pas été assez vécue. Même s’il peut bien sûr y avoir des dérapages de l’un ou l’autre dans un couple.

Diarra, 47 ans, employé au « Grand Moulin ». Mali. « Le péché, c’est quand on touche, pas quand on regarde »

La fidélité, c’est être clair et droit. C’est s’intéresser à l’autre, être sérieux avec lui. L’infidélité commence à partir du moment où on n’est pas juste. Si je marche avec une femme et qu’elle regarde un autre homme, ça, c’est de l’infidélité. (Sur un ton plus hésitant, ndlr) Bon... le péché, c’est quand on touche, pas quand on regarde. Donc, si je regarde une autre femme, c’est pas de l’infidélité. C’est pas pareil, un homme et une femme. L’homme est de nature plus sensible à la tentation de la femme. Alors que la femme symbolise la dignité familiale.

Mohamed, 30 ans, architecte. Algérie. « Les femmes se mettent aussi à la mode de l’infidélité »

La fidélité, c’est avant tout l’honnêteté et le respect de l’autre. Mais je pense que c’est une idée dépassée, parce que ça n’existe plus, par rapport à ce que je vois autour de moi. Je ne sais pas ce qui a pu se passer, mais c’est comme ça. De manière générale, ce sont les hommes jusque-là qui étaient infidèles. Mais les femmes se mettent aussi à la mode de l’infidélité. C’est encore pire chez vous, en France : vous avez même des clubs échangistes pour sortir de la routine. Les hommes du 21ème siècle veulent toujours plus. Comme ils n’ont jamais été éprouvés par la guerre, certains par la misère, ils n’arrivent pas à apprécier les choses de la vie à leur juste valeur. L’infidélité... je pense qu’elle commence quand on accepte de se laisser séduire par quelqu’un d’autre.

Ali, 30 ans, étudiant en anglais. Soudan. « L’infidélité de l’homme est moins vulgaire que celle de la femme »

La fidélité pour un homme, c’est ne pas tromper sa femme, la respecter, être honnête avec elle. C’est une qualité qu’il faut préserver. Ensuite, tout dépend de l’intention que tu as avec elle. Par exemple, quand tu regardes quelqu’un d’autre que ta femme ou ta copine avec désir, tu es infidèle. C’est impardonnable. Si ma copine regarde un autre homme avec désir, je la jette, elle n’a qu’à partir avec lui. Si cela se produit, c’est qu’il y a eu précédemment des problèmes dans la relation. Peut-être par manque de dialogue. Au Soudan, l’infidélité de l’homme est grave mais moins vulgaire que celle de la femme. Parce que c’est la femme qui tombe enceinte, pas l’homme. Quand on ne connaît pas le père ou quand ce n’est pas le mari qui est le père, c’est une immense humiliation.

Mory, 32 ans, journaliste. Mali. « L’infidélité, j’appelle ça le désaccord de communication »

La fidélité, c’est la probité. C’est le respect de l’autre. Elle s’exprime par le fait que l’on ne puisse faire du mal et qu’on privilégie la communication mutuelle. Dans la fidélité, il n’y a pas de coups bas. L’infidélité, par contre, c’est quand il n’y a plus de respect, j’appelle ça le désaccord de communication. Regarder quelqu’un d’autre ce n’est rien. Le regard a de multiples facettes, il a différentes appréciations. L’infidélité peut s’expliquer par la morosité dans un couple, qui est le résultat du train-train quotidien. Rappelons que l’une des bases de la stabilité d’un couple repose sur la relation sexuelle. S’il y a une insatisfaction de l’un ou de l’autre, il peut y avoir une crise entre les deux qui débouche sur l’infidélité. Autre source de déséquilibre, c’est le matérialisme dû à la pauvreté. Souvent, les femmes, en Afrique, ont plusieurs amants qui peuvent leur offrir leurs pommades, leurs mèches ou de l’argent. Un coiffeur qui les coiffera gratuitement, un vendeur de chaussures qui les chaussera, un vendeur de vêtements qui les habillera...

Didier Gérard, 21 ans, étudiant technique de commercialisation. Bénin. « Aller voir ailleurs peut solidifier un couple... ou le détruire »

La fidélité est une chose importante, il faut y tenir en tant que principe. Dans une optique de mariage, de vie en couple, il est impératif que l’on ait une bonne entente, qu’il y ait de la communication. C’est le b.a.-ba. Car sans dialogue, les portes de la relation entre l’homme et la femme se ferment. L’infidélité dépend de l’état psychologique dans lequel on se trouve. Tout le monde ne voit pas l’infidélité de la même façon. Pour certains, un dérapage n’est pas de l’infidélité. Je pense que par moment, aller voir ailleurs peut être une bonne chose pour l’équilibre d’un couple. Comme il peut le détruire. C’est une arme à double tranchant. Mais aller voir ailleurs peut servir à se rendre compte de l’amour réel qu’on porte à sa femme.

Fouad, 28 ans, étudiant en lettre. Maroc. « Le dialogue est l’élément le plus important »

La fidélité est une valeur dont la définition est différente selon les cultures et les personnes. C’est un terme vague qui signifie pour les uns qu’aucun écart physique n’est permis. Pour les autres, c’est un état d’esprit. Je pense qu’on peut faire un mélange des deux. C’est-à-dire avoir l’intention et se donner les moyens d’être fidèle selon des limites définies avec son conjoint et respecter ces engagements, même dans les moments les plus difficiles. Cela implique une capacité à la maîtrise de soi. L’infidélité, par définition, commence là où les limites de la fidélité définie avec son conjoint ne sont plus respectées. Le dialogue est plus que tout autre chose l’élément le plus important de l’équilibre d’un couple.

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Pedro Pires

Cap Vert : Pedro Pires remporte les élections présidentielles
Pedro Pires devance son rival Carlos Vieiga d’1%

mardi 14 février 2006
Le président sortant du Cap Vert, Pedro Pires, a remporté l’élection présidentielle qui s’est déroulée dimanche dans l’archipel. Il obtient 51,1% des voix contre 48,9% pour Carlos Veiga, son unique rival, a annoncé lundi la Commission nationale des élections (CNE). Un épilogue qui n’est pas sans rappeler celui des présidentielles de 2001.

Par Morad Ouasti, avec Panapress

Pedro Pires rempile pour cinq ans. Le président sortant, candidat du Parti africain pour l’indépendance des îles du Cap Vert (PAICV), a obtenu 51,1% des suffrages dans les présidentielles du 12 février dernier, a annoncé mardi la Commission nationale des élections (CNE). Cela représente 86 676 voix, contre 82 857 pour son seul adversaire, Carlos Veiga, soutenu par le Mouvement pour la démocratie (MPD), la plus grande formation de l’opposition. 3 800 voix, c’est beaucoup plus que les douze qui lui ont donné la victoire en 2001 contre le même challenger. La confirmation de sa victoire était alors survenue dix jours après l’annonce des résultats.

Le 22 janvier, le PAICV a remporté les élections législatives en obtenant 55,28% des suffrages, soit 41 sièges sur les 72 que compte l’Assemblée nationale. Le MPD est arrivé deuxième en recueillant 44,02% des voix, mais a déposé une plainte auprès de la Haute cour de justice pour fraude électorale.

Une situation économique précaire

Sur les 323.594 électeurs inscrits, 171.591 citoyens capverdiens ont accompli leurs droits civiques, ce qui représente un taux d’abstention de 46,93%, contre 41% en 2001. Pedro Pires fait aussi bien que Mascarenhas Monteiro, Président élu en janvier 1991 à l’issue des premières élections pluralistes du pays, puis réélu en février 1996. Le MPD, dont le président a été Premier ministre sous Mascarenhas, a depuis laissé la présidence et la majorité parlementaire au PAICV, ne remportant que les municipales (11 des 17 municipalités) en mars 2004.

Pour son second mandat, Pedro Pires, doit faire face à une situation économique précaire. Malgré une relative stabilité politique, en 2002, 36% des Capverdiens vivaient en dessous du seuil de pauvreté. Le Cap Vert occupe la 105e place sur une liste de 150 pays dans le classement de l’indice de développement humain établi par l’Onu. Il devance l’Afrique du sud et se place derrière Maurice et la Tunisie. Le pays continue son processus de libéralisation, ainsi que son rapprochement avec les Etats-Unis. Washington est intéressé par les considérables ressources pétrolières offshore qui sommeilleraient dans les eaux territoriales du Cap Vert.

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08 février 2006

CAN sur TF1

TF1 offre la finale de la Can 2006
La première chaîne française diffusera en direct le match Egypte-Côte d’Ivoire

mercredi 8 février 2006
TF1 diffusera en direct la finale Egypte-Côte d’Ivoire de la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2006 vendredi à 17h00, heure française. Après plusieurs années la Can revient sur la première chaîne de télévision française. TF1 espère ainsi promouvoir une compétition en plein essor, mais qui ne trouve toujours pas sa place dans la surenchère médiatique.

Par Mourad Ouasti

Duel au sommet sur TF1. Alors que sa filiale Eurosport a couvert l’évènement depuis le 20 janvier, c’est TF1 qui aura l’honneur de diffuser la finale Egypte-Côte d’Ivoire de la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2006. Contacté par Afrik, Guillaume Jouteux, responsable au service des sports TF1, explique « qu’un engouement pour la Can est normal : le football africain est attractif, 54 joueurs qui participent à la Can évoluent dans le championnat français de Ligue 1 et de Ligue 2. Des entraîneurs français sont à la tête de plusieurs équipes africaines, dont Henri Michel, l’entraîneur de Côte d’Ivoire ».

TF1, qui avait déjà diffusé des matchs de Can il y a plusieurs années, espère attirer un maximum d’audience ce vendredi à 17h00, heure française. « En 2006, la Can prend une dimension particulière du fait de la Coupe du monde qui se déroule la même année », indique Guillaume Jouteux. TF1 a décidé d’accompagner l’équipe de Côte d’Ivoire dès le commencement de la compétition. C’est une équipe qui a beaucoup de joueur évoluant en France. Les Eléphants représentent un symbole d’union à l’heure où un conflit déchire le pays. C’est un moment d’intenses émotions qui dépasse le cadre sportif ». Le responsable au service des sports TF1 estime qu’une audience de 30% (4 millions de personnes) serait une bonne moyenne et confie que l’émission dominicale « Téléfoot » accordera une place spéciale à la Can si la Côte d’Ivoire remporte la victoire et prévoit un sujet un peu moindre si l’Egypte remporte le titre.

Pas de régime spécial Can

Malgré l’intérêt porté par la chaîne hertzienne à la finale, qu’elle qualifie de « grand évènement », il n’y aurait pas eu de flambée des coûts publicitaires. Une source de TF1 explique qu’il n’y a pas eu de tarification publicitaire spéciale pour cette rencontre, contrairement à ce qui peut se passer lors des matchs de Coupe du monde, par exemple. En revanche, explique notre source, la filiale Eurosport a proposé à quatre annonceurs de diffuser 35 fois leur spot publicitaire d’une durée de 6 secondes, du 20 janvier au 10 février. Ce à quoi « Airness » aurait répondu présent moyennant une somme d’environ 85 000 euros.

Thierry Gilardi, commentateur sportif sur TF1, estime que la finale d’une des plus grandes compétitions de football se devait d’être retransmise sur TF1. Il affirme : « C’est une des plus grandes compétitions de football, il est nécessaire que TF1 retransmette la finale ». Dans son analyse du football africain, il ajoute : « Je regrette cependant que le football africain perde de sa spécificité en essayant de copier le jeu européen. J’aimerai voir un football africain fidèle à lui-même, c’est-à-dire un football assez rythmé ». Mais il considère que les cinq équipes africaines qualifiées en Coupe du monde, dont quatre passeront leur baptême, conservent leur chance de représenter dignement le Continent.

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07 février 2006

Caricatures du Prophète

Caricatures du prophète : boycott des produits danois
Internet et les messages texte sur les portables appelés à la rescousse

mardi 7 février 2006
Les pays musulmans appellent au boycott des produits danois pour protester contre la parution dans certains pays européens de caricatures du Prophète Mohamed, caricatures parues en premier lieu dans un journal danois. Les premières conséquences économiques se font déjà ressentir au Danemark, alors que la mobilisation s’organise via Internet et les SMS. Et ce, malgré les mises en garde de Bruxelles...

Par Morad Ouasti avec Badara Diouf

La crise des caricatures du prophète Mohamed s’aggrave. Alors que le débat fait rage autour de la question du choc des civilisations et de la liberté d’expression, le conflit entre pays européens et arabo-musulmans prend une dimension économique. Le monde musulman appelle en effet au boycott des produits du Danemark, pays où les caricatures décriées ont pour la première fois été publiées. Un appel lancé via des courriels dénonçant les codes barres des produits danois à bannir et des SMS (message textes sur les téléphones mobiles). La décision de Téhéran (Iran) de rompre ses échanges commerciaux avec le Danemark provoque le mécontentement de Bruxelles et donne des idées à d’autres pays musulmans. Pendant ce temps, les entreprises européennes adoptent une stratégie commerciale ad hoc en prenant de la distance avec une image danoise qui pourrait leur nuire.

Le secteur laitier est secoué

Le secteur des produits laitiers est le premier touché. Le groupe danois Arla Foods, coopérative appartenant à 11 600 producteurs danois et deuxième exportateur européen, assure le tiers des exportations danoises vers les pays arabes. Astrid Nilsen, porte-parole du groupe a expliqué, vendredi : « Nous allons licencier 125 personnes dans une laiterie à Bislev, près d’Alborg ». Il ajoute que « les ventes dans les pays arabes sont complètement arrêtées et Arla Foods perd 10 millions de couronnes danoises par jour (1,3 million d’euros, ndlr) ».

La société danoise a momentanément fermé sa laiterie de Ryad (Arabie Saoudite) et a suspendu un projet de laiterie en Arabie Saoudite. Selon la directrice de communication de l’entreprise Arla Foods, Astrid Nielsen, citée par El Watan, des distributeurs viennent d’annuler leur commande en Algérie, au Maroc et en Tunisie. A cette réaction en chaîne de boycottage des produits danois, la population danoise et les intérêts économiques de la couronne sont les premières victimes de ce matraquage médiatique sans précédent pour le pays.

Plusieurs sociétés retirent les produits danois des rayons

Les exportations danoises vers les pays membres de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) ont rapportés 1,9 milliard d’euros en 2005. Le banquier danois, Jyske Bank, affirme dans un rapport publié le 31 janvier que, si le boycott se prolongeait pendant un an, il menacerait 11 200 emplois et causerait un manque à gagner d’un milliard d’euros au Danemark. Face à cette menace, d’autres groupes ont pris des mesures.

A l’image du colosse suisse du secteur laitier, Nestlé, qui a publié dans un encart publicitaire du quotidien panarabe, Asharq al-Awsat : « Ce n’est ni produit au Danemark ni importé du Danemark », pour ne pas être pris pour un groupe danois. Tandis que le français Carrefour, numéro deux mondial de la grande distribution, très présent dans les pays arabes, voit ses franchisés retirer les produits danois de leurs rayons. En Egypte, le franchisé de Carrefour a annoncé, sur son site Internet, la suppression des produits danois de ses surfaces. Il semblerait que la même attitude ait été adoptée à Dubaï.

Le numéro un laitier français Danone a simplement déclaré qu’il ne commercialisait pas de produits danois. Le groupe Lactalis, géant européen du fromage, Tesco, le leader britannique des supermarchés Safeway, ont quant à eux dit ne pas avoir de magasins dans la région. Toutefois Stimorol, géant du chewing-gum qui a pour slogan publicitaire : « Mâchez danois », risque de se trouver dans une impasse. Le groupe Cadbury Schweppes, à qui appartient la marque, a soutenu que le groupe « ne considère pas la marque comme danoise, c’est global, très largement vendu en Europe de l’Est, en Russie, sur beaucoup de marchés ».

Des SMS et des sites organisent le boycott

La réaction contestataire religieuse prend une toute autre forme : celle d’une lutte commerciale. Une lutte relayée par les messages SMS sur les téléphones cellulaires et les sites Internet. Puk, Lego, Yoggi... Ces noms ne vous disent peut-être rien mais ce sont quelques-uns des produits victimes de la campagne menée par certains musulmans. Voici des messages que l’on lire sur les portables ou lire sur le Web. Le SMS est le suivant : « Le code barre des produits danois commence par 57. Pour ceux qui aiment notre prophète Mohamed (paix et salut sur Lui) et veulent boycotter les ennemis d’Allah. Faites passer ce msg (message, ndlr) ».

D’autre part, ce courriel, qui est diffusé largement, va plus loin dans la lutte commerciale. « Suite à l’affaire des caricatures de notre cher prophète PBUH (paix et bénédiction sur Lui, ndlr) publiées dans un journal danois. Voilà la liste des produits danois pour participer à la compagne de boycott afin de protester contre tous ceux qui osent s’attaquer à notre cher Prophète (PBUH). N’oubliez pas de chercher le numéro 57 sur tous les codes barres de vos produits, c’est la moindre des choses qu’on peut faire ». Et d’ajouter une liste de ces dits produits sur l’adresse d’un site web en arabe.

Crise diplomatique

Le site « No4denmark » dresse la liste des produits danois à bannir, comme pour laver le déshonneur du prophète de l’Islam. « No4denmark » étale minutieusement une liste pour le moins exhaustive des denrées alimentaires laitières, shampoing, jouets qui sont largement consommés dans les pays arabes et musulmans. Son slogan est très clair : « Pour le prophète et Non au Danemark ».

L’Iran, par la voix de son ministre iranien du Commerce, a annoncé, lundi, sa décision de suspendre ses échanges commerciaux avec le Danemark - alors que Bruxelles mettait en garde tous les pays qui boycotteraient les produits européens. « Un boycottage des produits danois est par définition un boycottage des produits européens », a déclaré Johannes Laitenberger, porte-parole de l’Union européenne. La Commission européenne étudie « sa réaction » face à la décision iranienne de suspendre tous les échanges commerciaux avec le Danemark.

En Jordanie, 64 députés ont signés une pétition, lundi, demandant au gouvernement d’annuler ses accords et d’interdire les importations de produits du Danemark, mais aussi de Norvège et de Nouvelle-Zélande, pays dans lesquels des caricatures ont également été publiées. Dans la même veine, ils souhaitent que les autorités mettent en œuvre la tenue de sommets arabe et islamique, jugeant que les caricatures sont un « crime » et qu’il ne suffit pas de les dénoncer. Le Premier ministre jordanien par intérim, le ministre des Finances Ziad Fariz, a affirmé qu’il étudierait la requête des députés par rapport aux intérêts nationaux.

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02 février 2006

Samuel Eto'o

Samuel Eto’o : de l’ombre à la lumière
Le parcours de la star camerounaise du football Samuel Eto’o


jeudi 2 février 2006
Samuel Eto’o, l’attaquant fougueux du FC Barcelone, illumine le football mondial depuis quelques années, faisant oubliée ses débuts difficiles dans le milieu du ballon rond. L’enfant de Douala, par sa réussite en Espagne et ses exploits en Coupe d’Afrique des Nations, s’impose comme le meilleur attaquant africain du moment et l’un des meilleurs du monde. Son parcours sinueux avant d’être sous les feux de la rampe mérite d’être évoqué.

Par Morad Ouasti

Impétueux Eto’o, c’est l’image que l’on a de lui. Il vocifère contre la presse, ironise sur le Real Madrid dès qu’il en trouve l’occasion, décrie le jury du Ballon d’or pour son classement, certes, qui ne reflète pas son niveau. Et sourit avec arrogance quand il apparaît dans les médias. Dans les esprits de beaucoup Samuel Eto’o rime avec super ego. L’itinéraire tortueux du Lion indompté qui lutte contre le Noma (une maladie infectieuse) en Afrique et qui, à deux reprises, dû quitter sa terre natale et son quartier de New-bell à Douala (Cameroun) pour réaliser son rêve - ressembler à Roger Milla - peut expliquer tant de caractère.

L’Espagne comme terre promise

Né le 10 mai 1981 à Nkon (Cameroun), c’est à l’âge de 14 ans que le goleador du Barça débarque à Avignon (France). Sans papiers, il ne peut ni aller à l’école ni jouer au foot. Après un bref passage à Paris chez sa sœur où il reste la plupart du temps cloîtré, il rentre au Cameroun et intègre l’école de football des brasseries du Cameroun à la Kadji sport academy de Douala où il est repéré par les formateurs du club. Quelques mois plus tard il est à nouveau en France pour des essais au Havre, mais cette fois il repartira avec des papiers et un contrat avec le Real Madrid. Il a alors 15 ans.

Quand il arrive au Real Madrid, on oublie de venir le chercher à l’aéroport. Il comprend alors que la route sera longue avant d’arriver sur le devant de la scène footballistique mondiale. Il est rapidement prêté au club espagnol de deuxième division Leganes pour la saison 97/98 pendant laquelle il marque 3 buts en 28 matchs. Guss Hiddink, l’entraîneur madrilène d’alors, décide de le récupérer l’année suivante. Samuel Eto’o ne joue toujours pas, car l’entraîneur n’est pas toujours libre de ses choix. Il s’y sent bien, s’entraîne avec des grands noms du football, mais il veut lui aussi en devenir un. Le futur prodige décide de prendre le taureau par les cornes et déclare au Président du club qu’il veut jouer. Il est prêté au club de Majorque (Espagne) pour la saison 99/2000 où il inscrit 6 buts en 12 matchs. La même année le Lion indomptable remporte les Jeux Olympiques avec la sélection camerounaise. De retour à Madrid il ne joue toujours pas et retourne à Majorque. Il en gardera une aigreur envers le Real.

Le Lion toujours plus téméraire veut prouver qu’il est le meilleur. Il évolue sous les couleurs de Majorque de 2000 à 2004, quatre années pendant lesquels il réalise 48 buts en 120 matchs et remporte une coupe d’Espagne en 2003. Au niveau international, il emporte la Coupe d’Afrique des Nations 2002 et joue la finale de la Coupe des Confédérations en 2003.

La revanche du Lion

Le Camerounais aimerait rester en Espagne mais regarde vers le championnat anglais et négocie avec Arsenal. C’est alors que le Président du FC Barcelone le contacte et signe un pré-contrat avec le Camerounais, ce dont le Real Madrid ne voulait pas entendre parler, en affirmant qu’il a besoin de Samuel Eto’o. L’incompréhension chez Eto’o est totale, mais son cœur est déjà catalan. Dès sa première saison (2004/2005) il inscrit 24 buts en 37 matchs au niveau national et 4 buts en 7 matchs au niveau européen. La même année, il est sacré champion d’Espagne et meilleur joueur africain 2004 pour la deuxième fois consécutives. Il est compréhensible que sa 10ème place au classement du ballon d’or 2005, remporté par son coéquipier Ronaldinho dont le jeune Cameournais est le meilleur partenaire, ait quelque peu heurté sa sensibilité, ce qu’il n’a pas omis de dire à la presse. Aujourd’hui Samuel Eto’o en est à 18 buts en 19 matchs avec le Barça et participe à la Coupe d’Afrique des Nations dont il est pour le moment le meilleur buteur avec 5 réalisations. Il s’impose comme le meilleur attaquant africain du moment faisant de l’ombre à l’Ivoirien Didier Drogba, lequel a toutefois réussi à qualifier son équipe pour le Mondial 2006.

Posté par morad à 20:13 - Commentaires [665] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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